Généralités et différences…

Shinjuku gyoen, Tokyo - Avril 2012

Nous voilà installés depuis 9 mois et le retour est dans quelques semaines maintenant. Et voilà que j’ai de plus en plus de mal à écrire sur le Japon. Non pas à raconter nos escapades, nos visites et les vues qui vont avec. Non, faire le guide de voyage descriptif, je sais faire. Le blocage survient dès que je veux parler du Japon en tant qu’identité, des Japonais, de leur culture, de leur traits de caractères.

J’étais arrivée en septembre avec plein d’idées en tête sur ce pays. Des idées que je m’étais faite moi-même lors de notre premier séjour en 2009, des idées que j’avais glanées à droite à gauche, dans mes lectures, dans les guides, dans les médias, sur internet… Et j’avais aussi du coup envie de vous raconter plein de trucs : comment les Japonais sont attentionnés mais timides, comment les Tokyoïtes arrivent à vivre en étant si nombreux au même endroit au même moment, comment vivre au Japon c’est se sentir en sécurité malgré un pays soumis à de nombreux risques naturels, comment manger ici est facile et étonnant, comment les Japonaises sont jolies et toujours apprêtées…

Et puis aujourd’hui je ne saurai pas vous dire tout ça. Non pas que j’ai oublié, ni même que ces idées là sont fausses, mais j’ai tout désappris. Je me mets devant mon ordinateur avec l’idée de vous écrire un article sur le mode de vie des japonais, sur ce qui fait ce pays, sur les idées reçues qu’on peut en avoir et sur ce qui en revanche est tout à fait vrai… et je n’y arrive pas. Plus possible de faire des généralités. Ni de ne pas en faire tant il est vrai qu’il existe une unité dans cette culture. Mais les idées que j’en avais me semblent difficiles à exprimer sans trahir ce que je vis tous les jours. Elles me semblent tout à fait adaptées au papier glacé des guides touristique mais pas à ce que je vois, ici, aujourd’hui.

En fait plus le temps passe et plus ce qui fait nos différences, entre eux et moi/nous, me semble insaisissable. Bien entendu, je ne leur ressemble pas, je suis grande, j’ai les yeux bleus et les cheveux clairs. Mais ces deux hommes côte à côte dans le métro me semblent tout aussi dissemblables. L’un a un petit nez épaté et les yeux si bridés qu’ils paraissent fermés, il est tout en rondeur et de petite taille, l’autre a un nez étroit et bien dessiné et des yeux noirs en amande, il est fin et a une carrure de danseur. Leur façon de parler est différente, leurs mouvements, et, je le devine, leur préoccupations aussi.

En fait, au fur et à mesure que je m’habitue à ce pays, que j’y fais mes propres marques, que j’y prend mes repères, que j’en comprends la langue, j’oublie nos différences. Car à être trop différents on ne pourrait pas vivre ensemble non ?
Et comme ces différences plus ou moins « de nationalité » s’effacent, je vois les différences entre eux – et ça me fait bizarre de dire « eux ». Entre ces individus que j’ai voulu nommer par « les Japonais », que j’ai voulu un seul groupe pour pouvoir en parler.
En somme, à vivre dans ce pays et non à le visiter, je croise des personnes et non des Japonais. Aujourd’hui je trouve trop de diversité dans ces gens, trop d’identités différentes, trop de manières pour faire des généralités. Je ne suis pas (et peut-être encore moins qu’avant le départ) assez différente pour avoir le recul nécessaire à un discours général.

Je me trouve même des points communs avec de nombreux amis japonais rencontrés au court de ce séjour. Des points communs qui vont jusqu’à notre façon d’appréhender le monde, la vie, nos pays, nos cultures… Des points communs qui nous définissent en tant qu’individus. Ou au contraire, nos différences vont à l’encontre des idées générales : je suis plus timide que nombreux d’entre eux, ils sont parfois plus indisciplinés que moi.

Alors bien entendu on assiste souvent à des scènes qui nous font nous dire « ça, c’est le Japon ». Bien entendu lorsque je leur parle des clichés que les Français ont sur les Japonais, ils sourient et sont d’accord, oui, ils sont timides, disciplinés, polis… J’acquiesce de même à leurs propres clichés sur les Français : râleurs, dragueurs, individualistes… Mais peut-on tout de même dire que c’est ce qui caractérise les habitants de ce pays ? Et quand bien même, est-ce que c’est ce qui est intéressant à leur sujet ?

(Merci à mon ami Kazu qui pose pour moi sur la photo)

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Okinawa épilogue : Qu’est-ce qu’on mange dans ces îles ?

Ah oui parce qu’on ne peut décemment pas parler de paradis sans évoquer sa nourriture. Un paradis dans lequel on ne mangerait rien de bon ne serait pas homologué comme tel dans mon guide personnel. Mais je vous rassure, ce paradis là a été testé et approuvé par mon estomac : il y a des délices !

Pour bien comprendre la gastronomie okinawane il faut se souvenir de ces trois points :
- On se situe entre le Japon et la Chine, et les Américains ont eu (et ont toujours) une forte influence sur la culture locale, voilà pour les trois influence culturelles.
- Ce sont des îles, la mer est partout autour.
- Ce sont des îles tropicales, il fait chaud et humide de quoi faire pousser tout un tas de (bonnes) choses.

Le régime okinawan a acquis une certaine célébrité lorsque l’on s’est rendu compte que les habitants des îles atteignaient des records de longévité. Il nous a semblé que c’était surtout les fruits et légumes qui différaient de l’alimentation du reste du Japon, un peu moins de friture et peut-être les quantités plus faibles (pas pour nous, bons touristes gloutons), mais pas de révolution tout de même. L’office du tourisme local ajoute que c’est aussi le climat et surtout la bonne humeur des gens qui leur assure une longue et belle vie. Soit.

Commençons donc avec les plats salés, plus ou moins traditionnels :

Okinawa Soba - Naha, Okinawa - Mai 2012

Okinawa Soba, qui ressemblent fortement à des ramen. Les nouilles (qui ne sont pas des soba en fait, haha) sont plutôt épaisses et le bouillon est à base d’algue et de soja. Le tout est garni de porc (très présent dans l’alimentation des îles car ils ont une espèce de porc particulière : le Aguu), de kamaboko parfumé au crabe (le kamaboko est une sorte de « gâteau » de poisson parfumé, un peu selon le principe des surimi) et d’oignons. On trouve de très nombreux restaurants de Okinawa Soba à Naha, plutôt bons marchés. c’est pas mauvais mais ça réchauffe un peu trop pour le climat tropical (à réserver un soir de pluie).

Champuru écrit チャンプルー en katakana donc car c’est un mot issu du dialecte okinawan et qui signifie quelque chose comme « mélange d’ingrédients ». Ça décrit assez bien le plat : une poêlée de légumes, tofu, œufs brouillés et morceaux de viande. Les morceaux de viande sont en général de fins morceaux de porc ou des bouts de SPAM ou Tullip qui sont des conserves de viande précuite (jambon) arrivée à Okinawa via les Américains. Les légumes quant à eux sont en général des pousses de soja, des oignons et parfois du Goya dans le Goya Champuru.

Goya champuru - Naha, Okinawa - Mai 2012

Le Goya (son nom français est margose) est un légume qui ressemble à une courgette qui aurait la varicelle. C’est très très amer et pour l’adoucir il faut la faire cuire. Les meilleurs Goya Champuru sont ceux où le goya est coupé très finement et bien cuit. On les a préféré à Naha qu’à Iriomote où ils étaient parfois très croquants et immangeables tant l’amertume était forte. Le Tofu Champuru suit la même recette mais sans Goya et est un régal. De manière générale nous avons trouvé le Tofu vraiment très bon à Okinawa. Le mot Champuru est un peu particulier car on l’utilise souvent pour décrire la culture okinawane qui avec ses multiples origines ressemble à un « mélange d’ingrédients ».

Jimāmi tofu qui n’a rien à voir avec le tofu de soja puisque celui-là est fait à partir de cacahuète. Cela donne une pâte blanche un peu ferme au bon goût de cacahuète.

Taco Rice - Naha, Okinawa - Mai 2012

Taco Rice. Le plus surprenant des mariages de cultures okinawans. Sur un matelas bien épais de riz on dépose des morceaux de laitue, des tomates et de la viande de bœuf hachée et épicée à la mexicaine. Oui, oui, comme des tacos mais avec du riz à la place de la galette de blé. Et bien c’est bon.

Sushis et sashimis, forcément en étant si proche de la mer… Vous savez tous de quoi il s’agit, j’ajouterai juste que les poissons sont extra-frais et de multiples variétés (quelques poissons tropicaux…). Nous recommandons le restau Hatsue 初枝 à Iriomote (pointe nord de l’île proche du port Uehara) vraiment VRAIMENT excellent.

Viande, étonnamment. J’ai déjà parlé du Aguu, le porc local, qui est à l’origine de tout un tas de petits plats servis dans les izakaya (équivalent de nos brasseries), comme par exemple le rafuti ラフティー de délicieux morceaux de porc revenus dans de l’awamori (sake local, j’y viens), de la sauce soja et du miso. Comme partout ailleurs au Japon, pas de gaspillage à Okinawa et on mange tout dans le porc. Je ne parlerai pas de mon expérience malheureuse avec ce qui s’est avéré être des pieds de porc… On mange aussi du bœuf, à Iriomote notamment il y a de grands élevage de bœufs locaux dont je n’ai pas réussi à connaitre le nom.
A Naha vous trouverez aussi tout un tas de Steak House, base américaine oblige. Il y a par exemple l’incontournable chaine Sams Anchor qui propose 4 restaurants à Naha et de bons gros morceaux de viande.

Crabe - Iriomote, Okinawa - Mai 2012

Le tout est servi dans un cadre d’inspiration Hawaïenne, arrosé de cocktails exotiques et cuisiné directement à votre table en mode one man show culinaire (et c’est parfois réellement impressionnant).
La culture américaine n’étant pas arrivée jusque là, il n’y a aucun Steak House à Iriomote.

Crabes (dont crabe des cocotiers si vous avez de la chance… et les finances). Je vous gardais évidemment le meilleur pour la fin. Nous avons goûté à la soupe de crabe et aux pâtes au crabe. Un pur délice. Ma marraine aurait dit « à se taper le cul par terre ». Carrément. C’était à Kitchen Inaba, tout proche de la plage Tudumari. De manière générale ce restaurant a été un des meilleurs que nous ayons testé, midi comme soir.

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Tarte Beni Imo - Naha, Okinawa - Mai 2012

Côté sucré qu’est-ce qu’on trouve ?

Des fruits. Beaucoup. Des ananas surtout pour nous. J’en ai déjà parlé dans l’épisode précédent, il y a une variété particulière d’ananas à Iriomote, l’ananas pêche, plus petit et plus doux, vraiment délicieux ! Mais à d’autres saisons on a aussi des mangues, des fruits de la passion, des goyaves, des papayes…

Des Beni Imo Tarte. La Beni Imo c’est une variété de patate douce violette qu’on trouve à Okinawa et qui est vraiment très sucrée. La tarte est faite d’une purée de ces patates douces, très crémeuse, sur un fond de tarte classique. Le goût de la Beni Imo est vraiment particulier, il ne ressemble à rien d’autre donc j’aurais du mal à vous le décrire mais c’est bon. Enfin un dessert japonais agréable ! (non c’est pas courant)

Sātā andāgī - Naha, Okinawa - Mai 2012

Des Sātā andāgī. Décrits comme des beignets ronds, ils n’ont finalement de beignet que la friture puisque la texture est plutôt dure et sèche. Zut cette fois ce n’est pas une grande réussite…
Bon, ça se mange, encore mieux trempé dans le café.

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Et qu’est-ce qu’on boit ?

Des jus de fruits, ah bah oui. Frais donc qui correspondent aux fruits saisonniers. Nous avons été à deux doigts de l’overdose d’ananas… mais qu’est-ce que c’est bon ! Je rajoute un jus de fruit inconnu de nous jusqu’ici : le Shikwasa qui a un goût un peu citronné.

De la bière évidemment comme partout au Japon, mais ici c’est la Orion, produite à Okinawa. La Orion est une institution dans les îles, à tel point que le groupe okinawan le plus connu Begin, en a fait une chanson. (Écoutez ça, j’adore !)

De l’awamori, le sake local. La fabrication est un peu différente du nihonshu (sake traditionnel japonais) et il est aussi plus fort. Trop fort pour moi d’ailleurs. Je ne reviens pas sur le Habushu ou Habusake, je n’arrive toujours pas à savoir si c’est surtout pour les touristes ou si on en boit vraiment…

Et voilà, bon appétit et Kampai !

Bière Orion – Iriomote, Okinawa – Mai 2012

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Okinawa épisode 4 : Iriomote côté jungle

Urauchigawa - Iriomote, Okinawa - Mai 2012

Nous re-voilà pour la seconde partie de nos aventures sur l’île paradisiaque d’Iriomote. Cette île est particulièrement sauvage, 90% de l’île est recouverte par la mangrove et la jungle, et 80% est un parc national.

La mangrove est située à l’embouchure des rivières qui débouchent en divers points du pourtour de l’île. L’idéal pour l’observer est de faire un tour en kayak. Nous avons remonté la Pinai Kawa jusqu’à la chute de Pinaisara (la chute de la barbe) à la force de nos bras. Bon c’était en fait très facile et très agréable de naviguer sur les eaux calmes de cette rivière. L’occasion d’admirer de près les arbres de la mangrove et leurs racines impressionnantes qui font des aller-retour entre l’air et l’eau.
L’excursion (avec une guide de Cross River) se déroule ainsi : environ une demi-heure de kayak puis une petite marche d’une 20aine de minutes à travers la mangrove puis la jungle pour arriver à la chute de Pinaisara. Être accompagnés s’est révélé très agréable, même si nous ne comprenions que la moitié de ce que nous racontait notre guide (d’ailleurs à ce sujet, « nekko » signifie « racines », nous avons mis un moment à le comprendre et à arrêter de nous demander pourquoi elle parlait de chat tout le temps…). La chute est assez impressionnante, 55 mètres de hauteur, et se jette dans une véritable piscine. Le retour se fait selon le même chemin et de retour dans nos kayak nous pouvons apercevoir la chute au loin.

Urauchigawa – Iriomote, Okinawa – Mai 2012

Notre deuxième incursion dans la mangrove s’est faite en bateau, sur la Urauchigawa. Cette rivière est la plus grosse de l’île et est la plus visitée par les touristes. Le bateau remonte donc d’abord la mangrove, à l’embouchure, puis la jungle, pendant une 30aine de minutes. A l’arrivée nous prenons le sentier qui va nous mener voir deux des chutes de cette rivière.
Ce sentier est une extrémité du trail qui traverse l’île de part en part, et que nous ne ferons pas (au grand regret de David). Nous avons assisté à l’arrivée d’un petit groupe qui l’avait  fait dans l’autre sens, en environ 7/8 heures et avec un guide (c’est une bonne idée d’après mes lectures) et qui avait l’air bien épuisé (surtout la seule et unique fille du groupe qui avait l’air de carrément souffrir je dois dire).
Ce sentier donc nous mène à travers la jungle pour une marche d’une bonne grosse demi-heure. La traversée de cette végétation luxuriante est assez impressionnante : entre les fougères énormes, les lianes, les adan (un genre de palmier à feuilles piquantes dont les fruits ressemblent à des ananas mais ne sont pas très bons parait-il) et des arbres dont les racines forment comme des petits murs… La faune n’est pas en reste puisque lézards et geckos nous accompagnent tout le long du chemin, au son des cris des oiseaux.
Nous ne verrons pas les deux stars de l’île cela dit.
Le premier c’est le Yamaneko, le chat sauvage endémique d’Iriomote, qui ne vit donc que dans cette île et est protégé. Je suis bien déçue de ne pas le voir car il est carrément kawaii avec ses rayures et ses yeux ronds, mais il est nocturne et craintif, et vu son habitat, il a de quoi se cacher et est finalement invisible pour tout le monde.
Le second c’est le Habu. Ce serpent est lui aussi spécifique des îles d’Okinawa et est extrêmement venimeux. Il est surtout actif la nuit, en particulier les soirs suivant les journées très chaudes (un peu comme toutes celles qu’on a eu pendant notre séjour…). De la même famille que les vipères, il n’attaque que s’il est surpris, il préfère se cacher sinon. Il sert aussi de base à l’alcool local : le Habusake (on a vu dans les boutiques touristiques de Naha tout un tas de bocaux remplis d’alcool avec le malheureux serpent enroulé dedans). Bizarrement, celui-là, je n’étais pas trop déçue de ne pas le voir…

Maryudu no taki – Iriomote, Okinawa – Mai 2012

Le première chute à se montrer est la Maryudu no taki (la chute du bassin rond, en gros), on l’observe de loin grâce à un point de vue aménagé. Nous ne pourrons pas l’approcher, le chemin y menant est fermé pour des raisons de conservations écologiques. Nous poursuivons le sentier pour arriver à la deuxième chute : Kanbire (un siège pour les dieux, rien que ça). Cette fois nous pourrons marcher jusqu’au bord de la rivière et remonter la chute de rochers en rochers. Et cela vaut le coup : alors que tous les promeneurs ayant pris le même sentier s’arrêtent juste à l’arrivée sur la chute, nous nous retrouvons seuls un peu plus haut, au bord de la rivière qui forme d’agréables piscines vert émeraude, entourés par la jungle (un peu intimidante).
Le chemin du retour est le même : sentier puis bateau. En attendant celui-ci on profite encore de la rivière pour prendre un bain (et se faire masser dans les rapides).

Parmi les 10% de surface de l’île utilisés par l’Homme, l’agriculture a une grande place. De nombreux fruits et légumes sont cultivés, dont l’ananas, véritable star du régime local. Il y a même une variété particulière sur l’île : l’ananas pêche, plus petit et plus doux que l’ananas classique. Il est assez agréable de se promener entre les champs d’ananas en vélo, avec la vue d’un côté sur la mer et de l’autre sur la jungle. Nous avons loué des vélos deux fois pendant notre séjour pour nous rendre à divers endroits de l’île (nous n’avons pris le bus qu’une seule fois au final pour aller à Yubu jima) et ce fut une excellente idée (même si les vélos loués n’ont pas de vitesse et que certaines montées sont vraiment très trop montantes).

Champ d’ananas – Iriomote, Okinawa – Mai 2012

Pour terminer cet épisode, je vous propose un instant musical… Nous avons assisté à un concert en plein air, au bord de la plage, dans le petit village de Sonai. Le concert rassemblait plusieurs groupes et chanteurs locaux qui interprétaient des chansons plus ou moins traditionnelles au son du Sanshin, parfois accompagné d’un clavier et de percussions. Très sympathique et entrainant ! L’ambiance était familiale, beaucoup d’habitants du village et des alentours, assez peu de touristes visiblement. Nous y avons fait une visite remarquée. Non seulement nous n’étions pas du village certes, mais surtout nous sommes français ! Comme partout ailleurs au Japon, les habitants d’Iriomote ont accueilli cette nouvelle d’un « ooooooh ! » admiratif. Sauf que contrairement au reste du Japon, ils ne sont pas timides du tout et ils sont très amicaux et chaleureux. Ce qui nous a valu de nous retrouver sur scène, un micro dans les mains, à nous présenter (en Japonais évidemment), à remercier tout le monde, et à trinquer avec toute l’assemblée d’un joyeux « Santé ! », remplaçant le traditionnel « Kampai ! » qui jusque là avait rythmé la soirée. Si vous allez à Iriomote, sachez que les habitants connaissent désormais au moins un mot de Français.
L’anecdote ne s’arrête pas là puisque quelques jours plus tard, alors que nous nous arrêtons dans un petit café de bord de route, afin de boire un bon jus d’ananas et de nous reposer entre deux montées en vélo, nous sommes accueillis par la serveuse d’un « Are ? David to Emilie ? »… Stupeur puis fou rire ! Nous confirmons… Et voilà que notre serveuse se lance dans un discours en Français (et plutôt bien) : elle est allée en France (décidément nombreux sont les Japonais à avoir fait ce voyage !), son petit ami est français et vient s’installer au Japon dans quelques mois ! Elle nous parlera même un peu politique française… nous sommes encore sous le choc.

Sur ce, je vous laisse avec les photos de la nature foisonnante d’Iriomote et je m’en vais préparer avec régal le prochain (et dernier) épisode : qu’est-ce qu’on mange de bon à Okinawa ? (pleiiiiiin de choses !).

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Okinawa épisode 3 : Iriomote côté mer

Après notre petite semaine sur l’île principale d’Okinawa nous reprenons l’avion pour un saut de puce géante de 55 minutes et quelques centaines de kilomètres et atterrissons au bout du bout du Japon, sur l’île d’Ishigaki, dans l’archipel des Kerama. De là nous nous dirigeons directement vers le port de la petite ville d’Ishigaki pour prendre le ferry qui nous dépose sur l’île d’Iriomote une heure plus tard. Ah oui, le paradis est loin et ça coûte beaucoup d’y accéder (en argent et en gaz à effet de serre). Mais hé, c’est le paradis, on n’y va pas tous les jours.

Plage Tudumari – Iriomote, Okinawa – Mai 2012

Iriomote est le prototype de l’idée que l’on se fait de « l’île perdue au milieu du pacifique » : moins de 300km2, 2000 habitants (gentils), pas de ville, une seule route qui longe la moitié nord de l’île (on n’accède pas au sud en voiture) et la plus grande partie de l’île est sauvage, couverte par la jungle et la mangrove. Tout le tour de l’île est parsemé de plages dorées (désertes) et elle est entourée par une barrière de corail… Je n’employais pas le terme de paradis (du moins l’image que personnellement je me fais du paradis) à la légère hein. (et je n’ai pas encore parlé de la nourriture).

Nous résidons à la Villa Unarizaki, petits bungalows situés sur la pointe nord d’Iriomote, avec ce qui doit bien être une des plus jolies vues de l’île. Se réveiller tous les matins en voyant la mer turquoise et des îlots couverts par la jungle, c’est déjà assez exceptionnel. La Villa est un hébergement de luxe : nous sommes traités comme des rois (ah ce petit déjeuner !) et nous pouvons nous faire accompagner en voiture à divers endroits environnant (le port, la supérette, les restau du coin, les plages, l’embouchure de la rivière Urauchigawa qui remonte dans l’île, etc.). Autant le dire tout de suite : nous avons passé les plus belles vacances de notre (encore courte) vie. Bon ça c’est fait, et ce qui est bien c’est qu’on reste mesuré… hem.

Plage Hoshizuna – Iriomote, Okinawa – Mai 2012

Nous avons passé la plus grande partie de notre séjour côté mer, et les activités ne manquent pas. Commençons par les plages, qui valent le déplacement à elles toutes seules.
A notre avis la plus belle plage, pour la vue essentiellement mais aussi parce qu’elle est la plus agréable pour se poser, est Tudumari (son nom local, vous la trouverez aussi sous son nom japonais : Tsuki ga hama, la plage de la lune). Une longue plage de sable doré, avec une eau turquoise où l’on a pied très longtemps et une vue sur les îlots et rochers recouverts de plantes tropicales. La plage est très proche de l’embouchure de la Urauchigawa et à quelques 15 minutes de la Villa, la vie est bien faite. Ah oui, et elle est déserte. A peine quelques touristes qui passent juste le temps de faire une photo et c’est tout (non mais les Japonais qui n’aiment pas se baigner, bronzer ou juste prendre le temps de se poser sur la plage… ils ne savent pas ce qu’ils perdent !).
La seconde plus belle plage (mais on pourrait même dire qu’elles sont ex æquo) est Hoshizuna no hama (la plage des étoiles). Son nom n’est pas seulement poétique, il vient de la forme des grains de sables qui forment de minuscules étoiles (ce sont les squelettes de micro-organismes) et c’est vraiment très joli. La plage est donc constituée de ce sable et de grosses roches mi-volcaniques, mi-sédimentaires et un peu plus loin, à quelques mètres au large, la barrière de corail. L’eau est d’une clarté et d’un turquoise incroyables (et tellement moins beaux en photo qu’en vrai !) et c’est donc la plage parfaite pour plonger avec son masque et son tuba (le snorkeling, activité incontournable de l’île). On y voit des poissons colorés – ceux que l’on avait vus à l’aquarium d’Okinawa en fait, et finalement on a cette impression étrange de nager dans un aquarium – et de magnifiques coraux, dont le fameux corail bleu. A marée basse, lors de grandes marées (autour de la pleine lune), le haut de la barrière de corail est émergée et on peut marcher dessus (en faisant attention de ne mettre les pieds que sur la roche ou les anciens coraux formant la base du récif), jusqu’au grand large, là où la barrière forme un mur vertical très profond. Sensations garanties. Un peu plus de monde sur cette plage, de temps en temps… Bon on reste bien loin de la côte Méditerranéenne.
Sur la troisième place du podium : Ida no hama, la plage du bout du bout du bout du monde. Pour y accéder il faut se rendre à Shirama qui est l’extrémité ouest de la route d’Iriomote, de là on prend un petit bateau jusqu’à Funauki, un minuscule village d’une poignée de maisonnettes, sacrément isolé, ensuite on traverse la jungle du bout du cap et on arrive sur la plage. Une grande bande de sable blanc, et de part et d’autre des rochers, tombés là de la falaise qui les surplombe. Et encore une superbe vue sur les îlots de la baie.
Il y a tout un tas d’autres plages tout autour de l’île, dont le sable est tout aussi beau et l’eau tout aussi bleue mais là je vous parle du best of the best.

Coraux à Hoshizuna - Iriomote, Okinawa - Mai 2012

En dehors des plages, le gros business maritime de l’île c’est la plongée, que ce soit au tuba (snorkeling) ou avec bouteilles (diving). Il y a tout un tas de petits groupes qui proposent des sorties en bateau avec location de matériel de plongée et qui vous amènent au large, à différents spots de la barrière de corail. Nous avons passé une demi-journée avec l’équipe de Cross River/Cross Ocean à nous extasier à travers nos tubas. Oui, le corail poussant à de faibles profondeurs (et les coûts du diving étant très élevés), le snorkeling suffit amplement à voir des merveilles.
Le bateau nous a d’abord emmené autour de l‘îlot de Baras, un monticule blanc formé par des débris de coraux – cette formation est tout à fait naturelle et surprenante – puis (environ 1h après) à un autre endroit plus loin, perdu au milieu du bleu… Nous avons enfilé palmes, masques et combinaison (péniblement pour moi : je ne fais pas exactement la taille standard des japonaises) puis plouf ! Et là c’est le début de la magie : un immense et infini aquarium tropical, des poissons multicolores où que l’on tourne la tête (poissons peu farouches d’ailleurs, certains s’approchent même carrément trop près… pour se faire une idée de notre goût ? Un genre de cuisine exotique pour poissons ?) : au milieux des coraux on voit des poissons clowns cachés dans leurs anémones, des idoles mauresques, ou encore des chirurgiens bleu (Gill et Dory du « Monde de Némo » ! révisez vos classiques !), mais aussi des jaunes, des roses, des arc-en-ciel dont je ne connais pas le nom… Et puis des animaux un peu plus effrayants mais tout aussi fascinants : énormes étoiles de mer venimeuses, murènes, serpent (oui, oui, SERPENT ! Le rayé noir et blanc là, celui qui tue en quelques secondes… mais il est pas agressif parait-il et ses crochets ne peuvent pas transpercer la combi… encore faut-il être en combi)… Bref, je m’arrête là parce que c’est finalement assez indescriptible.

Yubu jima - Iriomote, Okinawa - Mai 2012

L’île d’Iriomote est entourée de petits îlots de diverses tailles et formes, certains élevés comme des rochers et d’autres tout plats. C’est le cas de Yubu jima. Cette île extra-plate a été totalement aménagée pour être un petit concentré touristique : arbres fruitiers (dont des papayes que je voyais pour la première fois), hibiscus, bougainvilliers de toutes les couleurs, d’autres fleurs dont je ne connais pas le nom, arbres de la jungle, serre à papillons énormes (permettons nous un petit aparté à ce stade : les papillons tropicaux aiment la transpiration du touriste français, et ça fait légèrement peur, j’ajouterai qu’une serre à papillon est AUSSI une serre à moustique), jus d’ananas frais, plage évidemment et surtout buffles d’eau. Le buffle d’eau (ou buffle d’Asie) a d’énormes cornes dont il a l’air assez fier (et il peut), et passe son temps libre dans des mares, plongé jusqu’au cou. A Yubu jima il sert aussi de moteur aux roulottes qui nous en amènent sur l’île. Et pendant qu’on traverse la baie cahincaha au rythme du gros bovin qui patauge dans la mer, le conducteur nous raconte des blagues ou nous chante une chanson traditionnelle au son du Sanshin (ou s’extasie du fait qu’on soit français, comme à chaque fois qu’on dit d’où on vient – décidément il fait plutôt bon être français au Japon – et du fait qu’on sache dire trois mots de Japonais).

Il y aurait encore beaucoup à dire sur la mer à Iriomote, et encore plus à voir, comme ces magnifiques couchers de soleil (quand les nuages le veulent bien), ou ces vues à couper le souffle au sommet d’un chemin. Mais j’avoue avoir usé mon répertoire de superlatifs.
Vous avez compris que nous avons passé beaucoup de temps au bord de la mer et que nous avons adoré ça. D’autant que nous avons eu la chance d’avoir du soleil en permanence, alors que la météo prévoyait une semaine de pluie.

Dans le prochain épisode on tourne le dos à la mer et on s’enfonce dans la jungle. Et on parlera un peu musique avec un concert en plein air où nous ne sommes pas passés inaperçus…

(cliquez sur les photos ! c’est un ordre !)

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L’escalier

Chemin de randonnée – Hakone – Avril 2012

Ah les escaliers. Le Japon est un pays plein d’escaliers. Je ne parle pas des escalators des grand magasins hein, évidemment. Non je parle des escaliers aux centaines de marches qui mènent en haut des temples, des escaliers raides comme des échelles dans les châteaux, des escaliers en rondins de bambou qui contrairement à leur intention ne facilitent pas du tout les chemins de randonnée… Et tout ces escaliers sont beaux, mais alors beaux ! Depuis qu’on a mis les pieds au Japon pour la première fois, j’ai une sorte d’amour-haine pour les escaliers.
Alors évidemment, vous comprenez bien que même si le thème ne parle que d’un seul escalier… il fallait bien que je vous en présente plusieurs !

(cliquez sur les photos pour voir les escaliers en entier !)

Envie d’encore plus d’escalier ? Par ici : 100driiine, A&G, Agnès, Agrippine, Akaieric, Alexanne, Alexinparis, Alice Wonderland, André Éric, Anita, Anne, Anne Laure T, Anne-Cécile, Annick, Aparça, Aude, Ava, Babou, Batilou, Bestofava, Blogoth67, Cara, Carnets d’images, Caro, Carole In England, Caroline, Cathy, Cécile, Cekoline, Céliano, Céline in Paris, Cessna, oui !, Champagne, Cherrybee, CHIFFONS and Co, Chris et Nanou, Clara, Coco, Cocosophie, Cricriyom from Paris, Cynthia, Dan, David et Mélanie, DNA, Dorydee, Dr CaSo, E, Eff’Zee’Bee, Egedan, Elapstic, Emily58, Emma, Famille Gerdel, Filamots, florianL, François le Niçois, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Gizeh, Glose, Grignette, Hélène d’avril, hibiscus, Hugo, Isabelle, Isabelle et Gilles, J’adore j’adhère, Jean Wilmotte, jen et dam, Karrijini, Krn, Kyn, Kyoko, La Fille de l’Air, La Flaneuse, La Nantaise, La Papote, La Parigina, LaGodiche, Laura, Laure, Laurent Nicolas, Lauriane, Lavandine, L’Azimutée, Le Mag à lire, Le-Chroniqueur, Les petits supplices !, Les voyages de Lucy, Les zinzins, lesegarten, Leviacarmina, Lhise, Lost in London, Louiki, Louisianne, Loutron glouton, Lucile et Rod, Lyonelk, M, M.C.O, magda627, Maïder, Mamysoren, Manola, Marion , M’dame Jo, Melting Pot, Mgie les bons tuyaux, Minicecile, Muni57, Narayan, Nataru, Nathalie, Nicky, Nikit@, Nomade57, Nora, Olivier, Ori, Otak, Où trouver à Montréal ?, Ovan, Petite Marie, Pilisi, Quelbazar, Renepaulhenry, Sébastien, Sephiraph, Sinuaisons, Skipi, Stephane08, Stéphie&lesCacahuètes, Surfanna, Tam, Tambour Major, Testinaute, The Mouse, The Parisienne, Titem, Typh’, Un jour une rencontre, Une niçoise, Vanilla, Véro Beramelo, Vinie, Violette, Viviane, Xavier Mohr, Xoliv’, Zaromcha.

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Okinawa épisode 2 : Okinawa Hontō

Dans cet épisode nous restons sur Okinawa Hontō, l’île principale d’Okinawa et nous sortons de Naha en car…

Manzamo – Okinawa – Avril 2012

Sur la route qui mène de Naha vers le Nord de l’île, nous nous arrêtons à Manzamo, un point de vue célèbre d’Okinawa.  On y admire des falaises qui plongent dans la mer de Chine orientale, des verts et des bleus magnifiques. Le nom de ce cap vient d’un poème ancien écrit en l’honneur du roi des Ryūkyū par une jeune poète célèbre dans l’archipel (Yoshia Chiru), où il est dit notamment qu’en ce lieu 10 000 personnes pourraient s’assoir et admirer la vue.

Churaumi aquarium - Okinawa - Avril 2012

L’aquarium de Churaumi et l’Ocean Expo parc. Situé au nord de l’île principale, ce parc fait partie des incontournables du touriste à Okinawa. Nous avons passé beaucoup de temps dans l’aquarium et finalement peu dans le parc. L’aquarium est vraiment impressionnant (et pourtant on avait déjà été impressionnés par celui d’Osaka). Des poissons tropicaux multicolores, des coraux, des requins et surtout un gigantesque bassin avec trois requins baleines, des raies manta et tout un tas d’autres poissons. Comme les zoo, les aquarium me font toujours un peu de peine mais impossible d’être insensible à la prestance de ces animaux et à cette ambiance un peu hors du temps lorsque l’on est face à l’immense vitre de ce bassin.

L’Ocean Expo Parc tout autour propose de jolies plages, des bassins de tortues marines, des bassins de lamantins et des bassins de dauphins. Je suis contente d’avoir pu voir ces animaux (surtout les lamantins qui sont vraiment mignons quand ils mangent leur salade avec leurs nageoires), mais j’ai toujours ce petit pincement au cœur de voir ces géants dans des bassins qui seront toujours trop petits pour eux.
Nous n’avons pas eu le temps d’aller voir l’arboretum tropical et sa collection d’orchidées, mais la nature d’Okinawa est tellement foisonnante qu’on en verra de partout des plantes merveilleuses !

Nakijin jo. Le château de Nakijin abritait autrefois les rois du Nord des Ryūkyū avant l’unification du royaume en 1416. Il ne reste aujourd’hui que les ruines des murailles qui serpentent dans la verdure. La superficie que couvrait le château est relativement étendue, avec différents étages entre les murailles. Du sommet du site on a une vue imprenable sur la mer turquoise, c’est beau (et ça tombe bien il y a des bancs pour se reposer après la montée des escalier sous une chaleur étouffante et faire « ah, c’est beau »). Le château est parait-il très réputé pour ses cerisiers qui sont les premiers du Japon à fleurir (en Janvier).

Nakijin jo – Okinawa – Avril 2012

Pas très loin de Nakijin nous sommes allés voir le Nago Pinapple Parc qui nous promettait mille merveilles, champs d’ananas, cultures de mangue et autres fruits de la passion. Au final ce fut une promenade d’une minute à peine entre quelques bosquets d’ananas et une visite d’une heure dans la boutique, où l’on a pu gouter du vin d’ananas (concept surprenant mais pas génial), des gâteaux à l’ananas et de délicieux ananas frais (quand on sait le prix des fruits au Japon, là c’était le grand luxe).

Aka jima. Non cette île ne se situe pas sur Okinawa Hontō, elle n’est même pas dans l’archipel de l’île principale puisqu’il s’agit d’une toute petite île de l’archipel des Kerama. Cependant ces îles sont si proches de Naha qu’on met moins d’une heure pour les atteindre avec le ferry. L’île d’Aka fait seulement 3 km2 et il n’y a quasiment rien, à part un port et ses activités marines, et une grande plage de carte postale qui est notre destination.

Aka Jima – Okinawa – Avril 2012

Nous voilà donc sur une immense plage de rêve… complètement déserte (si, si ! nous ne croiserons qu’un couple de kayakiste dans toute la journée) ! Nos compagnons seront d’énormes papillons assez nombreux, des bernard-l’hermite encore plus nombreux et quelques poissons. A noter tout de même que les eaux okinawanes abritent de nombreuses espèces venimeuses plus ou moins dangereuses : méduse, poisson pierre, rascasses, coquillage cône, étoile de mer, anémone, oursins, pieuvre et serpent. Ouch ! Mais on se rassure : nous sommes bien informés, leurs photos sont affichées partout au port et dans les bateaux, les premiers soins aussi et si on ne les cherche pas et qu’on ne marche pas dessus par accident, il n’y a pas grand risque. Nous n’en verrons pas l’ombre d’une à Aka d’ailleurs. Le paysage de l’île d’Aka vaut donc le détour (et le coup de soleil ! Et oui ça frappe fort au sud…).

Dans le prochain épisode nous prendrons l’avion pour arriver… au paradis !

(cliquez sur les photos, ça vaut le coup de les voir en grand et en entier !)

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Okinawa épisode 1 : Naha

Archipel du Japon schématisé

La préfecture d’Okinawa constitue l’extrémité sud du Japon, à quelques 2000 km de Tokyo. Elle est constituée de 160 îles et îlots, regroupés en plusieurs archipels et s’étendant sur environ 500 km, entre la mer de Chine orientale et l’océan Pacifique. Les îles les plus au sud sont très proches de Taiwan et flirtent avec le tropique du Cancer.
Avant d’être une préfecture japonaise en 1879, les îles d’Okinawa formaient un royaume indépendant : le Royaume des Ryūkyū, tributaire de l’Empire Chinois.
Si l’on ajoute à tout ça l’occupation militaire américaine qui a duré de la bataille d’Okinawa (1945) jusqu’en 1972 (20 ans de plus que pour le reste du Japon), et l’importante base militaire (la plus grosse base américaine du Pacifique) qui y est encore, on comprend que l’on va visiter un endroit d’influences multiples et bien différent du reste du Japon.

Lorsque nous arrivons à Naha, la capitale de la Préfecture, située dans l’île principale d’Okinawa Hontō, nous sommes accueillis par une chaleur moite qui nous change du froid tokyoïte de cette fin avril. Le climat des îles est subtropical : il fait chaud (température moyenne annuelle de 22°C, entre 16 l’hiver et 30 l’été), il pleut souvent (135mm de pluie par mois, un peu moins en hiver, un peu plus en été) et il y a du vent (assez appréciable du coup). Nous sommes dans la bonne période pour visiter Okinawa : pas encore trop chaud et relativement peu de pluie. Mais finalement, toutes les saisons se valent (sauf peut être en août où les typhons sont les plus nombreux).

Nous passerons 5 jours sur l’île principale avant de reprendre l’avion pour changer d’archipel. Cette petite semaine passe à une allure folle et on essaie d’éviter les gouttes de pluies (les grosses averses en fait, ce qui est plutôt pas mal car il ne pleut jamais en continue toute la journée, mais quand il pleut… quelle douche !) pour visiter plusieurs coins de l’île.

Naha. La ville en elle-même n’a pas grand intérêt. L’architecture change du reste du Japon mais reste à base d’immeubles et de béton – le tout ayant mal vieilli – avec quand même quelques grands parcs arborés agréables. Ce sera d’ailleurs l’occasion de nous familiariser avec la végétation luxuriante de ces îles : palmiers et autres plantes à larges feuilles, hibiscus, fougères et mangrove le long de la rivière qui débouche à Naha. Je vois aussi pour la première fois des baobab (pas vraiment originaires d’Okinawa mais qui ont l’air de s’y plaire tout de même) et leurs ventres gonflés me plaisent bien. On pousse la balade jusqu’au front de mer, la plage de Naha, Naminoue, aurait pu être jolie si il n’y avait pas cette autoroute aérienne qui passe au milieu de l’eau…

Dessin de Shisa - Okinawa - Mai 2012

Le gros attrait touristique de la ville est la rue Kokusai dori, un alignement de boutiques de souvenirs et de restaurants (le nombre de steak house nous rappelle que les Américains sont passés par là), certains proposant des spectacle de danse et chansons traditionnelles des Ryūkyū. Beaucoup d’animation sur cette rue et l’on y découvre tout de même quelques éléments de la culture okinawane. Comme par exemple le Sanshin, cet instrument à trois cordes à long manche et caisse de résonance ronde et tendue de peau de serpent. On croisera des joueurs de Sanshin tout au long de notre voyage d’ailleurs, avec les chansons traditionnelles qui vont avec évidemment et qui sonnent comme des croisements entre chansons traditionnelles japonaises et hawaïennes. Un petit aperçu ici, j’ai pas réussi à trouver mieux pour qu’on voit bien l’instrument.
Au sud de Kokusai dori partent des petites rues piétonnes et couvertes, avec de nombreuses boutiques de poteries, un des artisanats typique de l’archipel, où l’on peut participer à un atelier et faire son propre petit lion en terre cuite. Ce lion parfois très coloré, le Shisa, qui ressemble à ceux que l’on trouve à l’entrée des temples, est un des symboles d’Okinawa.

Mais la vraie perle de Naha c’est le château Shuri. Ce château était donc le siège du roi des Ryūkyū. Sa première construction n’est pas datée mais est probablement antérieure au XIVème siècle.

Shuri jo – Okinawa – Avril 2012

Il a été reconstruit plusieurs fois, suite à des incendies ou pour l’agrandir (un de ces agrandissements a d’ailleurs transformé la cour principale autrefois carrée en un quadrilatère plus du tout symétrique). Il a été entièrement détruit pendant la seconde guerre mondiale et reconstruit en 1992 (il reste encore des parties en travaux). Le château présente plusieurs portails et bâtiments avant d’arriver au sommet de la colline au bâtiment principal, siège du roi. Son architecture est un mélange d’inspirations chinoises et japonaises, avec des caractéristiques qui lui sont propres (les toits rouges et blancs, les dragons à l’entrée, etc.). La visite de l’intérieur du bâtiment principal est très intéressante (explications en anglais) et on peut y voir un petit jardin japonais avec des mini-palmiers !

L’avantage de Naha c’est aussi qu’étant la capitale, il est facile de s’en servir de point de départ pour explorer le reste de l’île : excursions en bus, bateaux navettes, tout part de Naha. Nous n’avons pas loué de voiture, préférant de manière générale utiliser les transports en commun. Cela peut-être plus pratique pour explorer les îles d’Okinawa en tout liberté mais cela ne nous a pas manqué plus que ça.

Je m’arrête là pour ce premier épisode, dans la suite nous prendrons donc la route et la mer !

Publié dans Hors de Tokyo, Okinawa | 3 commentaires

Happy Sweets

Tokyo – Shinjuku – Avril 2012

Ce joli camion de glaces et crêpes s’est installé tout près de chez nous, à Shinjuku. Il était déjà là l’automne dernier mais avait disparu au début de l’hiver. J’avais été très déçue parce que je n’avais pas eu le temps de le prendre en photo. Et ouf ! Le revoilà ! Très kawaii, ne ?

Nous partons pour un peu plus de deux semaines dans les îles du sud du Japon, à Okinawa. Ça veut dire pas de nouvelles avant le 7 ou 8 mai, mais ça veut dire aussi plein de belles histoires et encore trop de photos au retour !

Matane !

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Asakusa

Asakusa - Senso-ji - Février 2012

Bon il fallait bien que je parle un peu plus de Tokyo, non ? Alors allons-y avec ce quartier incontournable des visites touristiques de la capitale : Asakusa.

Pourquoi incontournable ? parce que c’est un des quartiers les plus anciens de Tokyo, avec des petites ruelles et des façades en bois, et qu’il abrite le temple le plus célèbre de Tokyo : le Sensō-ji.
Asakusa est situé au nord-est de Tokyo, au cœur de ce qui était la shitamachi, la ville basse, soit le quartier populaire de l’ancienne Edo. Le quartier a pas mal souffert du tremblement de terre de 1923 et des bombardements de la seconde guerre mondiale. Cependant quelques perles demeurent et il lui reste une ambiance assez particulière.
Tous les guides vous recommanderont de passer une demi-journée, voire une journée à Asakusa. Ne vous étonnez donc pas de trouver foule et d’entendre parler plus chinois, anglais et français que japonais (même si les Japonais sont les premiers touristes dans leur pays).

Bien entendu la visite commence par le temple Sensō-ji. Lorsque l’on arrive (par le sud du temple), on est accueilli par une immense porte : Kaminarimon. Non, en fait on est d’abord accueilli par les tireurs de pousse-pousse. La visite en pousse-pousse doit être passionnante car les conducteurs sont de sacrés bavards et connaissent surement tout un tas d’anecdotes sur le quartier. Malheureusement ils ne parlent pas anglais (du moins aucun de ceux qui j’ai croisés), et au final tant pis, la course étant très chère (10.000 yens l’heure pour 2 personnes d’après le routard). Bref, revenons à notre portail. Sous l’arche une énorme lanterne rouge, déjà visible sur une estampe d’Hiroshige (1856, dans l’une des 100 vues d’Edo) et un spot photo très prisé des japonais et des touristes. A droite et à gauche les dieux du vent et du tonnerre protègent le temple.
On remonte ensuite par une allée bordée de petits commerces, échoppes de souvenirs, de biscuits, de cartes postales et autres pièges à touristes. Ne vous retenez pas cependant : les prix ne sont pas si excessifs, ou du moins pas plus élevés que partout ailleurs pour ce type de produits.
A la fin de l’allée, après avoir remonté la foule, on se trouve devant la deuxième porte du temple et au-delà devant le temple lui-même. A gauche de l’entrée une impressionnante pagode de cinq étage, la plus grande de Tokyo et une des plus grandes du pays (54 mètres pour les amateurs de chiffre). Elle est vraiment superbe et vaut le déplacement à elle seule. En face, derrière un énorme brûleur d’encens, le bâtiment principal de Sensō-ji. Il est assez imposant et abrite une statue en or de Kannon. On peut monter ses escaliers et pénétrer à l’intérieur. Il a été détruit durant la guerre mais reconstruit quasi à l’identique (si ce n’est les matériaux). Il est très fréquenté par les japonais, il parait que les acteurs de kabuki et les sumo viennent y prier avant leurs performances.
Tout autour d’autres bâtiments et des petits jardins avec cascades miniatures, étangs, arbres tordus et carpes koi (vous avez compris mon amour pour les jardins japonais). Un bâtiment, le Yogodō, abrite plusieurs statue à vénérer selon votre signe du zodiaque (pas de panique, un tableau à l’entrée vous indique votre signe selon votre année de naissance et la divinité correspondante).
La visite du temple est des plus agréables, on y passe un bon moment à regarder tous les bâtiments et les détails des jardins, d’autant que l’enceinte est finalement assez grande. A faire un jour de semaine pour éviter un peu la foule tokyoïte (mais pas les touristes si vous y êtes au printemps).

Puis on s’aventure en dehors du temple, vers l’ouest. Si vous avez un plan : Denboin dori et toutes les petites rues perpendiculaires. On fait des tours et des détours dans ces petites rues où l’on tombe sur des façades en bois charmantes, sur des boutiques d’ustensiles de cuisine (notamment une impressionnante vitrine de couteaux) et tout un tas de boutiques diverses et variées. En remontant vers le nord, toujours sur le flanc ouest du temple on retrouve l’époque moderne, tout en se souvenant qu’Asakusa était le quartier populaire de l’époque Edo : théâtres (de Kabuki, de comédies musicales), salles de paris équestres, arcades de boutiques (loin de la pointe de la mode), Geisha (invisibles). Au nord du temple on trouve un tout petit parc d’attraction, le plus vieux de Tokyo (fin 19ème) où les manèges semblent empilés les uns sur les autres.

Pour le retour, retraverser le temple par le nord jusqu’à arriver à la rivière Sumida. On peut la longer vers le sud par le parc Sumida. En longeant la rivière on a deux points de vue sur des curiosités architecturales : la flamme Asahi, sur le siège social de ce fabriquant de bière (un espèce de grosse mèche dorée sur un bloc noir, signée Philippe Stark, assez moche à mon avis mais en tout cas incontournable) et la Tokyo Tower (qu’on voit enfin de près et qui est réellement LA star en ce moment).

Le quartier d’Asakusa accueille aussi deux moments forts dans l’année.
Le premier c’est le Sanja Matsuri au temple Sensō-ji (3ème week-end de mai). Le plus gros festival de Tokyo (2 millions de visiteurs chaque année). J’espère pouvoir vous en reparler après l’édition de cette année.
Le second c’est le feu d’artifice de la rivière Sumida, dont la vue est particulièrement bonne depuis le parc Sumida. Il a lieu le dernier samedi de juillet (mais il est moins sûr que nous soyons toujours à Tokyo pour l’admirer).

Pour manger ? Bien entendu que j’ai une adresse à vous recommander ! Il s’agit d’un tout petit restaurant d’Okonomiyaki et Monjayaki. Le principe est simple : vous choisissez la composition de votre plat (une carte en anglais est disponible) et les ingrédients arrivent dans un bol. Vous préparez ensuite ça vous même sur la plaque chaude au milieu de la plaque. Si vous ne savez pas comment faire, notamment pour le monja, moins évident que l’okonomiyaki où il suffit de bien tout mélanger dans le bol puis de faire sa petite omelette bien ronde sur la plaque (et de la retourner savamment à mi-cuisson), il suffit de demander au serveur de le faire pour vous. Le restaurant s’appelle Maguro ie (ou maguro uchi, je ne sais pas comment se lit le kanji), ça s’écrit まぐろ家 (mais vous avez une photo plus bas de l’enseigne) et c’est sur Kokusai dori, trottoir est, la grosse artère à l’ouest du temple, et au niveau du parc d’attraction (bam ! j’ai même l’adresse pour votre moteur de recherche favori : 2-13-7 Asakusa, Taito, Tokyo 111-0032).
Puisqu’on parle nourriture et qu’on est sur cette grosse artère, si vous voulez manger des Taiyaki – ce sont des gâteaux en forme de poisson, en quelque chose ressemblant à de la pâte à gaufre et fourrés à l’anko, pâte de haricot rouge sucrée qu’on trouve dans beaucoup de pâtisseries japonaises – il ne faut pas prendre ceux du trottoir de l’est, mais ceux du trottoir ouest, faits au pied d’un immeuble de briques rouge, au croisement de Kokusai dori avec ce qui doit être Denboin dori. Bon prenez un plan, je suis nulle en guide. Mais c’est important.
Je vous raconte l’anecdote si vous avez 5 minutes : pendant que nous marchions sur cette grosse avenue, nous passons devant une boutique à taiyaki, que je signale à David, ces pâtisseries étant assez connues. A ce moment là un japonais âgé, poussant sa bicyclette, nous dit que si nous voulons manger des taiyaki il vaut mieux éviter ceux-là qui sont mauvais et plutôt manger ceux de l’immeuble rouge là-bas. Je le remercie gentiment. « Oh mais vous comprenez ! » S’en suit une petite discussion sur mes cours de japonais (avec les félicitations d’usage sur mon niveau vraiment très bon… les Japonais sont vraiment trop polis parfois), sur notre installation à Tokyo, sur notre pays d’origine. Notre nouvel ami nous dira même quelques mots en français car il a passé quelques mois en France (décidément les Japonais et la France c’est une grande histoire d’amour). Puis nous nous saluons et nous continuons notre route. Pour être rattrapés quelques pas plus tard par le même homme, qui nous conduira résolument vers la boutique de taiyaki en question pour nous en offrir deux. Nous plantant là avec un « attention c’est chaud, vous pouvez vous asseoir là pour les manger, au revoir ». Nous l’avons quand même grandement remercié malgré la surprise. Et effectivement, ils étaient très bons, croustillants et souples en même temps. Même l’anko était bon !

Voilà ! De quoi passer une bonne petite journée à Asakusa ! (je ne garantis pas que vous rencontriez l’homme au vélo par contre).

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En travaux !

Le thème de ce mois-ci tombait bien ! En effet le Japon – Tokyo en particulier – est en perpétuels travaux. A Tokyo on détruit et reconstruit des buildings en permanence ; le renouvellement urbain est si rapide qu’en 6 mois j’ai vu, dans le seul quartier de Shinjuku,  2 building sortir de terre, et 3 autres se faire raser. Mais les travaux de ce type passent presque inaperçus : on emballe le vieux building dans des échafaudages qui ressemblent plus à une grosse boîte blanche, on travaille dessous avec le soucis de la plus grande discrétion possible (sonomètre affiché sur la structure), on met un agent de sécurité chargé de faire circuler les piétons sur le trottoir en évitant les éventuelles barrières (inutile mais si gentil), et un jour pouf ! On enlève la boîte et on a un beau building tout neuf. Je suis sûre que les Japonais eux-même ne s’aperçoivent qu’il y avait des travaux que quand le nouveau building apparait.
Pas très photogénique donc.

Mais des travaux on en fait aussi beaucoup pour rénover les temples et les bâtiments historiques. Notre récente escapade à Kyoto en fut le témoin : au moins 3 temples, 2 châteaux et un musée en travaux. Visiblement le budget alloué à ces monuments est conséquent, ils sont toujours parfaitement entretenus et sont du coup, je pense, rénovés très souvent. Là aussi le monument est mis sous échafaudage et si les travaux sont conséquent on n’en voit plus rien… Mais comme ce serait vraiment trop dommage de ne voir qu’une boîte à la place d’un château ou d’un temple célèbre, les Japonais ont mis au point cet amusant concept : on peint le monument sur l’échafaudage !
Et là je n’ai eu que l’embarras du choix pour la photo du mois !

Voilà celle que j’ai choisi. Il s’agit du Toshogu du parc Ueno. En travaux depuis l’an 20 et jusqu’à l’an 25 (pour déchiffrer ceci, sachez que nous sommes en 24 cette année).

En voilà quelques autres, parce que le choix fut rude !

Pour voir d’autres travaux : 100driiine, A&G, Agnès, Akaieric, Alexanne, Alexinparis, Anaou, Anne, Anne Laure T, Anne-Cécile, Annick, Aparça, Ava, Babou, Batilou, Bestofava, Blogoth67, Cara, Carnets d’images, Caro, Carole In England, Caroline, Cathy, Cécile, Cekoline, Céliano, Céline in Paris, Cessna, oui !, Champagne, Cherrybee, Chris et Nanou, Clara, Coco, Cocosophie, Cricriyom from Paris, Cynthia, Dan, David et Mélanie, DNA, Dorydee, Dr CaSo, E, Eff’Zee’Bee, Egedan, Emi London, Emily58, Emma, Famille Gerdel, Fanny et Vincent, Filamots, Florian, florianL, François le Niçois, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Gizeh, Glose, Grignette, hibiscus, Hugo, Isabelle, Isabelle et Gilles, J’adore j’adhère, Jean Wilmotte, jen et dam, Julien, Karrijini, Krn, Kyn, Kyoko, La Fille de l’Air, La Flaneuse, La Nantaise, La Papote, La Parigina, LaGodiche, Laure, Laurent Nicolas, Lauriane, Lavandine, L’Azimutée, Le Mag à lire, Le-Chroniqueur, Les petits supplices !, Les voyages de Lucy, Les voyages de Seth et Lise, Les zinzins, lesegarten, Leviacarmina, Lhise, Lost in London, Louiki, Louisianne, Loutron glouton, Lul worth blue, Lyonelk, M.C.O, Ma, magda627, Mamysoren, Mandy, Manola, Manuelle, Marion, M’dame Jo, Mgie les bons tuyaux, Minicecile, Muni57, Nataru, Nathalie, Nikit@, Nomade57, Nora, Olivier, Ori, Où trouver à Montréal ?, Petite Marie, Quelbazar, Renepaulhenry, Sébastien, Sephiraph, Sinuaisons, Soiz, Spiki, Stephane08, Stéphie&lesCacahuètes, Surfanna, Tam, Tambour Major, Testinaute, The Parisienne, Thib, Titem, Une niçoise, Vanilla, Vinie, Violette, Viviane, Voyagesetc, Xavier Mohr, Zaromcha.

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