Mer, onsen et randonnée : Péninsule d’Izu

Côte de Jogasaki - Péninsule d'Izu - Juillet 2012

Nous avons passé trois jours dans la péninsule d’Izu, au sud de Tokyo.  Ce bout de terre est une destination prisée des Tokyoïtes car elle offre de magnifiques paysages de mer et de montagne à une petite distance de Tokyo. La péninsule s’est formée à la rencontre de trois plaques tectoniques et est en majorité formée d’anciens volcans (d’où la forte activité thermale dont les Japonais – et pas seulement eux – raffolent).

Notre séjour fut improvisé, sans aucune logique, chaotique, complètement galère (à ce stade vous avez compris QUI était en charge de l’organisation de séjour) mais finalement assez fun.

Jour 1 : Côte Jogasaki, Mont Omuro.
Nous sommes partis de Tokyo, Shinjuku, dimanche vers 9h pour arriver à Atami (au nord de la péninsule) vers 10h. De là nous avons pris le train pour Jogasaki Kaigan, sur la côte est. Nous avons marché quelques kilomètre le long de la côte qui offre des points de vue assez spectaculaire avec ses roches très noires et ses eaux très bleues. Le clou de la balade est le pont suspendu Kadowakizaki (23 mètre de long et 48 mètre au dessus de l’océan).
Nous prenons ensuite le bus pour rejoindre le Mont Omuro. Cet ancien volcan miniature s’élève à 580 mètres au dessus de la mer. On rejoint le sommet par un télésiège (on sourit pour la photo) et on fait ensuite le tour du cratère en une vingtaine de minutes. Au centre du cratère un terrain de tir-à-l’arc est aménagé, on peut louer le matériel sur place et aller tirer quelques flèches. La vue, de tous les côtés, est assez sympathique.
Le soir arrivant nous nous mettons en quête d’un hôtel – ayant remarqué que nombreux sont fermés (nous sommes en plein été mais un dimanche soir, autant dire que nous sommes presque seuls dans la péninsule… j’exagère à peine). Grâce à mon trèfle à quatre feuilles, nous trouvons une pension parfaite, tenue par un couple adorable et qui dispose d’un onsen privé : Le « Petit Hotel Blossom« . Après avoir fait quelques courses pour le repas du lendemain (conduits en voiture par notre gentille hôte), pris un bon bain brûlant et englouti quelques boulettes de riz, il est temps de dormir car le lendemain…

Jour 2 : Amagi trail.
Le lendemain donc nous nous levons à 7h. Le petit déjeuner de notre petit hôtel est copieux, tant mieux, nous avons besoin de force ! Notre hôte nous conduit (encore ! Alors que nous demandions juste un bus !) au point de départ de la randonnée du jour : le golf Amagi. Oui car en fait ce point de départ peut se rallier en bus… encore faut-il partir de la ville d’Ito et non du pied du Mont Omuro. Après une tonne de remerciements confus, nous nous engageons dans le sous-bois. La première partie de la rando consiste en rejoindre le sommet du Mont Banzaburo, le point culminant de la péninsule (1405 mètres). Ça monte donc. Moins violemment que lors de nos précédentes excursions mais sous une chaleur étouffante (heureusement la forêt nous protège du soleil). On passe donc d’abord par le Banjirodake, petit frère du Banzaburodake que nous atteignons en environ 2h. S’en suit la traversée de la chaîne d’Amagi jusqu’au lac Hacho. Là, la balade est très différente de ce que l’on a pu faire jusqu’à présent : on alterne montées et descentes dans une forêt de hêtres – espèce que nous n’avions encore jamais croisée – très lumineuse, au son des cigales les plus bruyantes que j’ai jamais entendues. Non mais sérieusement, je vous reparlerai certainement des cigales japonaises, ces monstres, mais là on ne s’entendait même plus marcher ! Une fois arrivés au lac (cela fait 5h déjà que nous marchons), nous devons rejoindre le tunnel Amagi pour prendre notre prochain bus vers le sud de la péninsule. Nous ne savons pas exactement les horaires mais ce que nous savons c’est que 1)comme toujours dans la cambrousse japonaise, les bus sont rares et s’arrêtent tôt et 2)hors saison ce bus là passe à 15h45 et basta. Il y a donc eu un moment dans cette dernière partie, relativement en descente, où l’on s’est dit qu’il était temps d’accélérer. Figurez-vous que j’ai même couru les derniers mètres. Je l’écris noir sur blanc pour qu’un jour, quand ce sera devenu un lointain souvenir, je me remémore que oui, oui, j’ai bien couru après environ 7h de marche, ce n’était pas un rêve.
Nous avons donc eu le bus, celui de 15h53 qui va vers le sud (il y en avait un autre à 16h58, ce n’était pas la peine de paniquer… cela dit si on avait voulu prendre le bus qui remontait vers le nord là le dernier était bien à 15h45). Alors oui la rando était très belle, oui on a vu tout plein de beaux arbres, de jolies plantes, d’écureuils et même des daims, mais quand même J’AI COURU.
Le bus nous amène jusqu’à la station de Kawazu où nous prenons le train jusqu’au bout du bout de la péninsule, à Izukyushimoda où la recherche d’hôtel reprend. Là encore tout est fermé et ce qui reste ouvert est hors de prix. Peu importe : nous en sommes à pratiquement marcher sur les mains, on prend donc le premier hôtel ouvert venu, cher mais grand luxe, avec onsen à nouveau. Étonnamment nous avons bien dormi.

Jour 3 : Shirahama.
Le lendemain on prend un peu le temps d’explorer les alentours. La ville n’a pas grand intérêt mais la vue depuis le port sur les îlots de la baie est superbe. Le port propose une balade dans la baie à bord d’un bateau noir, souvenir du commodore Perry et du traité de Kanagawa autorisant le commerce avec les Occidentaux notamment dans le port de Shimoda.
Puis nouveau saut en bus jusqu’à la plage de Shirahama (littéralement « plage blanche » ça fait rêver) pour un peu de farniente bien méritée. La plage est une des plus belles de la région et ce jour là pas mal de surfeurs jouaient avec les vagues. Au bout de la plage se trouve le sanctuaire de Shirahama, avec un torii posé sur les rochers au bord de l’eau, une vue typiquement japonaise comme on les aime.
Nous reprenons le bus dans l’autre sens après une bonne détente pour rejoindre Atami, notre point de départ, où nous déjeunerons. Atami n’a pas grand intérêt en elle-même, mais il s’agit d’une ville thermale extrêmement réputée. 50 minutes de Shinkansen plus tard, nous voilà rentrés à Tokyo, grillés à point !

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6 réponses à Mer, onsen et randonnée : Péninsule d’Izu

  1. David Larlet dit :

    J’aurais appris quelque chose d’essentiel pour l’ascension du Mont Fuji : tu peux courir ! Il te faut juste 16 km d’échauffement :P

    Quelques précisions concernant les onsens : celui du premier jour était privé (intérieur + extérieur sans moustiquaire) et donc possibilité d’y aller en couple ; le second était plus… grand (enfin à l’échelle de l’hôtel) et donc non mixte, par contre la vue côté mer si vous avez la chance d’avoir le bon sexe le bon jour (ça change quotidiennement) est juste exceptionnelle, surtout lorsque le soleil se couche et qu’on est seul dans le bain :)

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  3. petitadrien dit :

    Magnifique balade (et photos), vous donnez de bonnes idées voyages :)

  4. kout dit :

    Que c’est beau!!! bon le pont suspendu no coment!!

  5. Frangi dit :

    Une bien belle randonnée. et c’est une des premières fois que je vois un ciel sans nuages sur une photo venant du Japon !

  6. Que c’est beau cet hotel, la mer, la montagne. Le Japon doit vraiment valoir le détour.