Kyoto – Episode 3 et fin

Kinkakuji - Kyoto - Mars 2012

Notre dernier jour à Kyoto est mouvementé question météo : soleil – averse – soleil – douche – soleil – nuit. Ça c’est fait. On profite donc des éclaircies pour faire quelques essentiels de Kyoto : Kinkaku-ji, Ryōan-ji, Nijō-jō.

J’ai déjà évoqué le Kinkakuji, Pavillon d’or, dans l’article précédent. Il fut donc construit par un Shogun qui y passa sa retraite et qui par testament en fit un temple zen à sa mort. Seul le pavillon central demeure aujourd’hui suite à de nombreuses destructions. Le Pavillon d’or, lui, porte bien son nom : il est recouvert de feuilles d’or, et comme il a été restauré dans les années 80, il brille de mille feux ! Il est une des stars de Kyoto, donc autant dire que la visite ne se fait pas en solitaire. On tourne autour du Pavillon dans le jardin, très harmonieux, pour arriver un peu en hauteur et avoir une vue plongeante sur le bâtiment doré.

Nous partons ensuite pour le Ryōanji un temple zen abritant un célèbre jardin sec fait de pierres et de fins cailloux. Les 15 pierres représentent des montagnes et le gravier ratissé l’océan. Ce jardin zen est très célèbre et est considéré comme l’un des plus abouti du Japon. Le Ryōanji abrite aussi un joli jardin arboré, avec un étang en son centre, dont la visite est très agréable.

Nous finissons cette journée au Château de Nijō (Nijō-jō). Il a été construit en 1603 par Ieyasu Tokugawa, le plus célèbre Shogun du Japon. Il servait essentiellement de résidence pour les Shogun lors de leurs séjour à Kyoto (la capitale ayant déménagé à Tokyo). Le château compte deux palais : le Honmaru et le Ninomaru, et de deux séries de remparts. A noter que le portail menant au Ninomaru est en réfection (les photos datent donc de notre voyage en 2009, oui, je triche). On peut entrer dans les couloirs du Ninomaru et avoir un aperçu des pièces de l’intérieur. Et surtout cette visite permet de faire chanter le rossignol : le parquet est construit de telle façon que chaque pas provoque un son sous les lattes, semblable à des petits sifflements d’oiseau d’où son célèbre nom de « plancher du Rossignol ». Évidemment cette caractéristique a un but (autre que musical) : déceler toutes les présences, qu’elles soient amies ou surtout ennemies. Les jardins du palais sont encore une fois des trésors de détails et il est très agréable de s’y promener.

Nous consacrons une journée de notre séjour dans le Kansai à la visite de Nara, la plus vieille ville du Japon. Elle en fut la première capitale et aujourd’hui elle présente les plus vieux bâtiments de bois du Japon. Nos visites seront écourtées par le déluge de ce jour là mais nous verrons quand même le Kōfukuji et le Tōdaiji, tout plein de petites rues et de vieilles maison et des daims, des daims, des daims. En effet ces gentils animaux seraient plus de mille a vivre dans la ville de Nara. Ils sont considéré comme sacrés dans la religion shinto (comme quasiment tout ce qui touche à la nature finalement) et sont donc plutôt bien logés. Ils sont grassement nourris aussi puisque les touristes, encore plus nombreux, leurs donnent des petits gâteaux. Ils ont d’ailleurs la fâcheuse tendance à venir vérifier de près si ce que vous cherchez dans votre sac ne ressemble pas à un biscuit ou si cette carte ne serait pas comestible par hasard… Le Kōfukuji est un temple bouddhiste composé de plusieurs bâtiments dont une pagode à trois étages et une pagode à cinq étages (trésors nationaux, est-il besoin de le préciser). Le Tōdaiji est un grand ensemble de temples bouddhistes, fondés en 745, et le lieu le plus célèbre de Nara. Le bâtiment principal est considéré comme le plus grand bâtiment de bois du monde et il abrite une statue de bronze géante de Bouddha (18m de haut). Un des piliers du bâtiment présente un trou d’environ 80 centimètres (à vu de nez) à sa base : il est dit que si on arrive à traverser ce trou – qui a la taille d’une narine du Bouddha géant ! – on connaitra l’illumination lors de notre prochaine réincarnation. Non, aucun d’entre nous n’a essayé, beaucoup d’enfants faisaient la queue pour passer (et moi je veux être réincarnée en chat et je suis pas sûre que Bouddha trouve ça très lumineux).
Lorsque nous sortons du Tōdaiji nous prenons une sacré douche qui nous pousse à regagner Kyoto plus tôt que prévu et à finir la journée à Kurama. Kurama est un village de montagne situé au Nord de Kyoto. On le rallie par un petit train qui gravit la colline en une heure environ. Si la montagne autour de ce village est superbe et mérite une rando, c’est pour tout autre chose que nous y sommes allés : ses sources d’eau chaude et ses onsen (bains d’eau de source chaude). Le Kurama Onsen est parfait : des bains en intérieur et des bains en extérieur. Quel plaisir après une journée glaciale et trempée de se baigner dans un bain brûlant en regardant le brouillard au dessus de la montagne !

Le jour de notre départ de Kyoto nous faisons un crochet par Himeji, crochet inutile puisque de la gare on se rend compte que le château est en restauration et qu’il est impossible (et inutile) d’aller le visiter. Les travaux durent jusqu’en mars 2015… Mais comme nous avons eu la chance de le visiter en 2009 voilà quand même quelques infos (et des photos de tricheuse en bas). Le château d’Himeji (Himeji-jō), avec ses murs blancs et ses toits gris clairs, porte le surnom de « Héron blanc ». C’est une des merveilles du Japon car un des monuments historiques les mieux conservés. Il a été construit en plusieurs vagues s’étalant de 1345 à 1620 environ et il a miraculeusement survécu jusqu’à aujourd’hui (malgré des bombardements très proches pendant la seconde guerre mondiale). L’intérieur se visite (en chaussettes) : les différents étages sont tout en bois, du sol aux échelles (qui sont d’ailleurs bien raides et étroites – aïe la tête). Le jardin est tout aussi beau, surtout lorsque les nombreux cerisiers sont en fleurs. De notre côté nous repartons directement vers Osaka voir un autre château : Ōsaka-jō. J’en ai déjà parlé lors de notre visite de la ville en décembre dernier. Cette fois nous entrons à l’intérieur, qui lui n’a plus rien de traditionnel puisque le château a été entièrement reconstruit dans les années 90, afin de visiter le musée (très intéressant) retraçant l’histoire du château.

Nous finirons cette escapade dans le Kansai par un bentō dans le Shinkansen, à la japonaise, fatigués mais – comme d’habitude – ravis.

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5 réponses à Kyoto – Episode 3 et fin

  1. petitadrien dit :

    Très sympa, série d’articles très instructifs, un vrai guide touristique ! Et le tout accompagné de bien jolies photos, comme d’hab :)
    Mince, Himeji en restauration jusque 2015 ?? Je suis pas près de le voir ! :(

  2. Tam dit :

    Merci Adrien ^^ Ouais c’est un peu dommage pour le château d’Himeji, t’imagines les boules quand on est arrivés devant… Faut rester plus longtemps ! (ou revenir)

  3. kout dit :

    trés beau périple!!! et des trop beaux daims!

  4. leny dit :

    kyoto a l’air d ‘etre une ville incroyable!!!! pour un premier voyage au japon que me conseillerais tu? voyage organisé ou juste le billet d’avion? en sachant que je commence a travailler la langue et le depart est prevu pour milieu 2013? merci beaucoup trés joli blog!

  5. Tam dit :

    kout : Mais oui les daims sont trop beaux ! un peu relou mais choupi :p

    leny : Alors nous notre premier voyage a duré un mois (je sais que ce n’est pas possible pour tout le monde mais vraiment c’est une durée idéale) et nous sommes partis avec Autrement le Japon (lien dans ma colonne de liens). Le pack comprenait billet d’avion, logement à Tokyo et à Kyoto et JR pass. Nous avons fait tout le reste par nous même (visites et déplacement jusqu’à Hiroshima et logement là-bas). Le prix était très intéressant et ça permet de ne pas se prendre la tête plus que ça et de voyager quand même comme on veut. après tout dépend de ce que tu aimes toi dans les voyages et de ce que tu as envie de faire au Japon ^^