Ma vie de salary man

par David.

Hop, je m’incruste ici pour vous faire partager ma vie de travailleur japonais.

Tout commence vers 5h15 quand je me décide enfin à me lever pour aller courir, je ne suis pas encore à une sortie par jour mais je travaille ma régularité, en fait je vous parle de ça juste pour un petit plaisir qui est celui d’apercevoir le Mont Fuji lorsque je cours suffisamment loin le long de la Tsurugawa, en ce moment le timing est intéressant car les premiers rayons de soleil japonais arrivent au sommet récemment enneigé quelques minutes après que je l’ai en joue, du bonheur :-) . Détail japonais : les coureurs ne se disent pas forcément bonjour en se croisant, j’ai plus de réponses de la part des personnes âgées qui marchent sportivement de bon matin (elles sont beaucoup plus nombreuses car les actifs sont déjà sur leurs vélos pour atteindre la station la plus proche, slalom en perspective).

Je passe sur les détails de préparation à mon retour à la maison où on s’engueule pour partir à l’heure et on essaye d’arriver le plus rapidement vers la station, peu à peu rejoins par de plus en plus de monde jusqu’à finir dans un flux de japonais tout aussi pressés. Enfin, ce n’est qu’un début car on est bientôt com-pressés dans une rame de train, puis complètement écrabouillés lorsqu’on doit changer pour prendre l’express. Et encore on est « chanceux » car une demi-heure plus tôt c’est juste invivable (pour l’avoir fait une fois, ça suffit pour se dire plus jamais, à côté une ligne 14 un jour de grève à Paris c’est spacieux…). Dans le train, les japonais sont soit sur leurs téléphones/tablettes/consoles, soit dorment qu’ils soient assis ou debout (ce qui donne des tableaux assez marrants avec des sursauts de réveil à intervalles réguliers), en gros ils sont dans leur monde, connectés, collés les uns aux autres mais paradoxalement isolés. Solitude numérique 2.0.

On arrive vers 8h30 à Shinjuku où l’on slalome entre les flux ininterrompus de passagers, je dépose Emilie à l’école :p, et j’arrive devant mon building. Je n’ai jamais travaillé dans un immeuble donc il y a des chances que ce soit pareil ailleurs mais il y a des règles liées aux ascenseurs qui ont l’air assez strictes : la personne la plus proche du panneau de contrôle tient systématiquement la porte aux entrants/sortants, et il se trouve que c’est très souvent une femme (trop pour que ce soit un hasard, il faudra que je vous parle de la galanterie japonaise un de ces 4). Après il y a aussi des règles de politesse qui seraient trop longues à décrire sur les courbettes et le placement pour optimiser les sorties !

J’arrive dans mon open-space en me faisant discret pour ne pas réveiller d’éventuels japonais ayant passé la nuit sur leur siège (véridique), l’autre option c’est de dormir en journée la tête en arrière et ça arrive assez fréquemment :D . J’ai jamais véritablement bossé en open-space avant mais j’en ai croisé pas mal où il y avait une ambiance assez sympa, ici c’est le calme plat. Chacun dans son box, les seules bruits qu’on entend sont ceux des communications téléphoniques, le moins que l’on puisse dire est que l’ambiance est vraiment studieuse. Il y a un mystère que je n’ai toujours pas résolu qui est celui de la pause déjeuner, ils mangent apparement en majorité sur place et à leur bureau mais probablement encore plus rapidement qu’au resto car je n’en ai pas encore vu (il faut dire que je sors une heure pour manger donc ça leur laisse le temps de faire au moins 10 repas, peut-être 12 vu la rapidité à laquelle ils arrivent à engloutir un bol brûlant !).

Arrive le soir et ils me voient partir vers 17h30/18h, je ne suis jamais resté suffisamment longtemps pour voir quelle est leur heure de départ. Il y a des règles du style « tu ne dois pas arriver après et partir avant ton supérieur hiérarchique » mais je ne sais pas si ça s’applique également par ici vu que c’est une pépinière d’entreprises (et j’ai du mal à voir qui est le supérieur de qui en fait). Ensuite plusieurs possibilités pour la soirée :

  • rester dans Tōkyō pour manger/rencontrer/visiter ;
  • rentrer vers Tsurukawa parce que c’est fatigant quand même tout ça, ce qui explique ma tête lorsque vous m’appelez vers 22h ;-) .

Voilà, si vous voulez des points de détails on en discute en commentaires. Pour l’instant le boulot est intéressant donc j’arrive à supporter tout ce que ça comporte de contraintes autour, j’aimerais bien arriver à échanger un peu plus avec mes voisins d’open-space mais c’est pas évident, peut-être lorsque je serai un peu plus à l’aise en japonais. On m’a récemment soumis l’idée d’apporter une boîte de gâteaux français… TO BE CONTINUED.

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17 réponses à Ma vie de salary man

  1. J’avoue avoir imaginer (et pas que depuis le livre d’amélie nothomb) une ambiance encore pire que la « simple » absence d’ambiance dans un open space japonais lol.
    Mais pour répondre à ta question, pour avoir bosser dans des grands immeubles, au luxembourg les gens se disent bonjour et se tiennent la porte, à paris… y’a pas de règles…
    Ca peut aller de la franche impolitesse, et une serviabilité « limitée ».
    Et sinon le travail c’est sympa ? ou c’est plutôt « Obéissance absolue » ?
    la prise d’initiative est « tolérée » ?

    ++
    Olivier.

  2. Robin dit :

    « Dans le train, les japonais sont soit sur leurs téléphones/tablettes/consoles, soit dorment qu’ils soient assis ou debout »

    Personne lis métro :O

  3. Oncle Tom dit :

    Excellente peinture sociale :-)

  4. Marie dit :

    Yes!! Enfin de tes nouvelles!! Ça fait plaisir!!!
    J’espère que ce n’est pas le dernier article;-) grosses bises!

  5. Neko dit :

    Le rapport des japonais au travail est vraiment impressionnant oO C’est rassurant par contre de voir que quelque part dans le monde, prendre les transports est pire que de les prendre à Paris =p Je suis contente de voir que les choses se passent bien ^^ Courage David!

  6. @Olivier Girardot : il faut que je décrive un peu le boulot en lui-même, probablement plus sur mon blog car ça sera technique ;-) .

    @Robin : non aucun journaux gratuits ici à ma connaissance, par contre ils lisent aussi sur du papier (journaux et livres)

    @Neko : le « pire » est relatif. Malgré la proximité, je pense préférer l’expérience du métro japonais pour : la propreté (de l’environnement ET des japonais), l’efficacité (ponctualité, optimisation des transferts etc), l’absence d’odeurs de bon matin (ni parfums, ni nourriture), le relatif silence comparé au crissement des vieilles lignes parisiennes, la douceur des accélérations/freinages, l’absence totale de craintes relatives aux vols, et j’en oublie sûrement :-) .

  7. karl dit :

    @neko même chose que David. Je préfère de très loin le metro/train japonais à ceux de France. Et puis il faut toujours se poser deux questions quand on approche une autre culture

    * Qu’est-ce qui est étrange dans ma façon de se comporter (d’un point de vue extérieur) ?
    * Quelles sont les choses les innombrables choses que nous avons en commun ?

    Nous nous concentrons souvent sur les différences car elles sont moins dérangeantes pour notre identité. En se distinguant, on existe. En revanche, en recherchant les points communs, on se déstabilise car on expose des parties insoupçonnées de notre existence, psyché, etc.

    Bon je finis là pour ma sociologie de comptoir de bistro ;)

    L’important c’est l’éblouissement.

  8. Damien B dit :

    « il faut que je décrive un peu le boulot en lui-même, probablement plus sur mon blog car ça sera technique »

    Ha, t’as un blog ?

  9. kureno dit :

    tu me ferais une place dans ton open space ?

  10. Tam dit :

    Haha Olivier ! Je pense que Damien faisait subtilement remarquer à David qu’il n’avait pas blogué depuis… pfff… depuis qu’on est là en fait?
    Kureno : Sinon Orange est aussi à Tokyo…

  11. Lodaberserker dit :

    Oui, je veux bien savoir quel travail tu fais David et comment tu as trouvé! ;)

  12. Damien B dit :

    Tiens, subtelturtle.net a l’air libre…

  13. Gé et Jo dit :

    Salut notre neveu du bout de la planète (suivi bientôt par ton frangin !) ! Heureux d’avoir de tes nouvelles !
    Pour commencer, tu fais bien chic avec ton pépin à l’anglaise ! La prochaine fois mets une photo en tenue de running… qu’on voit un peu l’allure que tu auras au Marseille/Cassis 2012….. parce qu’à l’allure où tu sembles t’entrainer, tu vas pouvoir battre le record des Kenians et autres Ethiopiens !!!
    Pour poursuivre, dis nous un peu ce que tu fais dans ton immeuble open space, mais pas du « trop technique » car pour ça on ira visiter ton blog de geek !! hihihi !
    Sinon, ici il fait très beau : 19° en moyenne….. Va savoir ce que nous réserve l’hiver à venir.
    Tout le monde va bien et Melle Gioia de la Mirette est toujours aussi ravissante !
    Bises marseillaises à vous 2 de nous tous !

  14. isabelle dit :

    David, tu n es pas objectif, t a dore le japon !!!!!! Je rigoleeeeuuuu
    Perso, je trouve tout beaucoup plus complique ici qu en coree.

  15. david dit :

    Bonjour, Je découvre à l’instant votre blog et je voulais savoir si un échange de liens avec le site de voyage http://www.ac-voyage.fr vous intéresserez ? Nous pouvons en discuter à l’adresse e-mail associée à ce commentaire.

  16. Tam dit :

    david : Bonjour ! Je ne mets en lien que des sites qui me plaisent et/ou m’ont été utile à un moment donné, je ne fais pas d’échange de liens à but publicitaire, désolée :)