Balade même malade : Takao-san !

Vue du sommet de Takao-san - Octobre 2011

Ou « balade bêbe balade » dans le texte…
Je traine un rhume qui n’en finit pas de s’accrocher. Le week end dernier, c’est donc avec un nez gros comme une patate et hermétiquement bouché que je me suis réveillée. Très bien ! Soignons le mal par la force et allons marcher ! (raisonnement qui bien entendu n’est PAS le mien). J’arrive à négocier une randonnée facile et nous voilà parti pour le Mont Takao.

Takao-san est un petit mont (400m environ) très populaire auprès des Tokyoïtes pour de multiples raisons, essentiellement parce qu’il est tout près de la ville, à l’ouest, et qu’il offre des vues magnifiques. Pour nous ça fera tout de même deux heures de train car nous sommes obligés de repasser par Tokyo… Et comme cette fois nous nous sommes accordés un peu de sommeil supplémentaire (ouf !), c’est vers 10h que nous arrivons aux pieds de Takao-san… et que nous nous séparons ! Deux formes physiques différentes : deux façon de monter ! David emprunte un chemin assez raide (chemin n°1) en courant et moi je m’offre le luxe du funiculaire, impressionnante petite cabine toute inclinée qui grimpe à flanc de montagne tirée par un câble. Il ne m’emmène pas jusqu’au sommet mais c’est déjà une bonne moitié du chemin de répit pour mes poumons fatigués. Au passage, David a mis le même temps que moi pour monter…

Nous arrivons donc à une première station : l’entrée du temple bouddhiste Yakuōin Yūkiji où on est accueilli par des statues de tengu (divinités vivant dans les montagnes) et par une foule impressionnante. Oui c’est le week end, il fait beau, c’est le début de l’automne et de ses couleurs magnifiques : Takao-san est la parfaite sortie en famille !
Le temple est très mignon. Dès l’entrée, il y a tout un tas de petits autels avec des cloches, des anneaux à cogner, ou encore des roues à tourner afin d’attirer l’attention des kami (dieux) et de pouvoir faire entendre son voeu. Des stands de nourriture permettent aussi de grignoter entre deux contemplations (du temple, de la vue, des feuilles d’érable qui commencent à rougir). Je goutte d’ailleurs à un de ces snack qui grillent tout près de nous. Je ne sais absolument pas ce que c’est, la consistance est assez étrange (l’intérieur a fondu à la chaleur, comme un chamallow, et du coup c’est assez élastique) mais la sauce dont il est recouvert est plutôt bonne (et salée).

Nous reprenons le chemin pour arriver au coeur du temple, devant le bâtiment principal où la foule se presse. Le bâtiment et ses alentours sont superbes. De nombreuses statues sont alignées ou se cachent entre les arbres. C’est en contournant le temple que l’ascension reprend.

Après environ 15 minutes supplémentaires de grimpette (et d’escaliers en rondins de bois dans le chemin, ce qui constitue la base de l’aménagement des chemins de montagne ici), nous sommes au sommet de Takao-san. Avant d’apercevoir la vue, on voit surtout la foule qui est encore plus nombreuse que dans l’enceinte du temple ! Tout le monde est cependant sagement assis, c’est l’heure du bentō (repas rapide présenté dans une boîte à compartiments… pfiou pas facile de décrire en quelques mots un bentō ! mais comme c’est l’essentiel de mon régime alimentaire, je vous ferai des photos !). Nous nous approchons pour voir la vue, redoutant les nuages ou la chaleur qui nous empêcheraient de voir assez loin… Mais non, le temps est clair et il est bien là, au fond, un peu pâle tout de même : Fuji-san !

Après avoir donné rendez-vous au géant, nous nous installons à notre tour pour engloutir nos boulettes de riz. Le soleil réchauffe mon dos, ça fait vraiment du bien ! Mais le repos est toujours de courte durée pour les braves et me voilà entrainée je ne sais comment sur le chemin du Mont Shiro, le sommet suivant sur la crête qui mène jusqu’au Mont Jinba (que David aimerait bien rallier aussi, même s’il ne le dit pas… c’est tout de même 18 km supplémentaires, et ça il ne le dit pas non plus). Arrivés au Mont Shiro un nouveau point de vue sur le Mont Fuji s’offre à nous. Nous prenons le temps d’admirer la vue et mon rhume me rappelle à l’ordre… Nous faisons donc demi-tour (au grand désarroi de vous savez qui).

Commence alors la descente. Après être revenus sur Takao-san nous prenons le chemin 6, le chemin de la chute Biwa, qui s’enfonce dans une forêt humide et longe une petite rivière. La mousse et les enchevêtrements de racines jouent avec le soleil, le spectacle est féérique. La fraîcheur du sous-bois est finalement la bienvenue après la chaleur des sommets… elle se révèlera un peu trop fraîche sur la fin (on n’est jamais content).
A mi-chemin on arrive à la petite chute d’eau de Biwa et son temple recouvert de mousse. L’atmosphère est très poétique, nous sortons évidemment l’appareil photo !
Quelques mètres plus bas, c’est la grotte Iwayadaishi, dans laquelle le célèbre moine bouddhiste Kōbō Daishi a médité…

Nous arrivons à notre point de départ vers 15h30, avec l’impression de pouvoir presque un peu respirer si je penche la tête comme ça sur le côté mais juste pendant une demi-seconde… Ah en fait non. Bref, pas guérie mais bien contente de cette balade (oui balade avec un b) qui nous a fait voir une multitude de paysages différents.

Un sachet de marrons chaud en attendant le train (marrons qui semblent être une des spécialités locales… logique quand on voit le nombre de châtaigniers), et nous voilà de retour à la maison pour une bonne nuit de sommeil…
Halloween ? Heu… l’année prochaine ? Zzzzzz…

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3 réponses à Balade même malade : Takao-san !

  1. Gekho dit :

    Bon rétablissement et merci de nous faire partager vos péripéties japonaises.
    :)

  2. kout dit :

    que c’est beau cette ballade!! bisous à tous les 2..

  3. Poison Lady dit :

    Ca a vraiment l’air d’être une chouette petite balade!
    Toujours un plaisir de te lire =^__^=

    Et bon rétablissement ;)