Okinawa épisode 3 : Iriomote côté mer

Après notre petite semaine sur l’île principale d’Okinawa nous reprenons l’avion pour un saut de puce géante de 55 minutes et quelques centaines de kilomètres et atterrissons au bout du bout du Japon, sur l’île d’Ishigaki, dans l’archipel des Kerama. De là nous nous dirigeons directement vers le port de la petite ville d’Ishigaki pour prendre le ferry qui nous dépose sur l’île d’Iriomote une heure plus tard. Ah oui, le paradis est loin et ça coûte beaucoup d’y accéder (en argent et en gaz à effet de serre). Mais hé, c’est le paradis, on n’y va pas tous les jours.

Plage Tudumari – Iriomote, Okinawa – Mai 2012

Iriomote est le prototype de l’idée que l’on se fait de « l’île perdue au milieu du pacifique » : moins de 300km2, 2000 habitants (gentils), pas de ville, une seule route qui longe la moitié nord de l’île (on n’accède pas au sud en voiture) et la plus grande partie de l’île est sauvage, couverte par la jungle et la mangrove. Tout le tour de l’île est parsemé de plages dorées (désertes) et elle est entourée par une barrière de corail… Je n’employais pas le terme de paradis (du moins l’image que personnellement je me fais du paradis) à la légère hein. (et je n’ai pas encore parlé de la nourriture).

Nous résidons à la Villa Unarizaki, petits bungalows situés la pointe nord d’Iriomote, avec ce qui doit bien être une des plus jolies vues de l’île. Se réveiller tous les matins en voyant la mer turquoise et des îlots couverts par la jungle, c’est déjà assez exceptionnel. La Villa est un hébergement de luxe : nous sommes traités comme des rois (ah ce petit déjeuner !) et nous pouvons nous faire accompagner en voiture à divers endroits environnant (le port, la supérette, les restau du coin, les plages, l’embouchure de la rivière Urauchigawa qui remonte dans l’île, etc.). Autant le dire tout de suite : nous avons passé les plus belles vacances de notre (encore courte) vie. Bon ça c’est fait, et ce qui est bien c’est qu’on reste mesuré… hem.

Plage Hoshizuna – Iriomote, Okinawa – Mai 2012

Nous avons passé la plus grande partie de notre séjour côté mer, et les activités ne manquent pas. Commençons par les plages, qui valent le déplacement à elles toutes seules.
A notre avis la plus belle plage, pour la vue essentiellement mais aussi parce qu’elle est la plus agréable pour se poser, est Tudumari (son nom local, vous la trouverez aussi sous son nom japonais : Tsuki ga hama, la plage de la lune). Une longue plage de sable doré, avec une eau turquoise où l’on a pied très longtemps et une vue sur les îlots et rochers recouverts de plantes tropicales. La plage est très proche de l’embouchure de la Urauchigawa et à quelques 15 minutes de la Villa, la vie est bien faite. Ah oui, et elle est déserte. A peine quelques touristes qui passent juste le temps de faire une photo et c’est tout (non mais les Japonais qui n’aiment pas se baigner, bronzer ou juste prendre le temps de se poser sur la plage… ils ne savent pas ce qu’ils perdent !).
La seconde plus belle plage (mais on pourrait même dire qu’elles sont ex æquo) est Hoshizuna no hama (la plage des étoiles). Son nom n’est pas seulement poétique, il vient de la forme des grains de sables qui forment de minuscules étoiles (ce sont les squelettes de micro-organismes) et c’est vraiment très joli. La plage est donc constituée de ce sable et de grosses roches mi-volcaniques, mi-sédimentaires et un peu plus loin, à quelques mètres au large, la barrière de corail. L’eau est d’une clarté et d’un turquoise incroyables (et tellement moins beaux en photo qu’en vrai !) et c’est donc la plage parfaite pour plonger avec son masque et son tuba (le snorkeling, activité incontournable de l’île). On y voit des poissons colorés – ceux que l’on avait vus à l’aquarium d’Okinawa en fait, et finalement on a cette impression étrange de nager dans un aquarium – et de magnifiques coraux, dont le fameux corail bleu. A marée basse, lors de grandes marées (autour de la pleine lune), le haut de la barrière de corail est émergée et on peut marcher dessus (en faisant attention de ne mettre les pieds que sur la roche ou les anciens coraux formant la base du récif), jusqu’au grand large, là où la barrière forme un mur vertical très profond. Sensations garanties. Un peu plus de monde sur cette plage, de temps en temps… Bon on reste bien loin de la côte Méditerranéenne.
Sur la troisième place du podium : Ida no hama, la plage du bout du bout du bout du monde. Pour y accéder il faut se rendre à Shirama qui est l’extrémité ouest de la route d’Iriomote, de là on prend un petit bateau jusqu’à Funauki, un minuscule village d’une poignée de maisonnettes, sacrément isolé, ensuite on traverse la jungle du bout du cap et on arrive sur la plage. Une grande bande de sable blanc, et de part et d’autre des rochers, tombés là de la falaise qui les surplombe. Et encore une superbe vue sur les îlots de la baie.
Il y a tout un tas d’autres plages tout autour de l’île, dont le sable est tout aussi beau et l’eau tout aussi bleue mais là je vous parle du best of the best.

Coraux à Hoshizuna - Iriomote, Okinawa - Mai 2012

En dehors des plages, le gros business maritime de l’île c’est la plongée, que ce soit au tuba (snorkeling) ou avec bouteilles (diving). Il y a tout un tas de petits groupes qui proposent des sorties en bateau avec location de matériel de plongée et qui vous amènent au large, à différents spots de la barrière de corail. Nous avons passé une demi-journée avec l’équipe de Cross River/Cross Ocean à nous extasier à travers nos tubas. Oui, le corail poussant à de faibles profondeurs (et les coûts du diving étant très élevés), le snorkeling suffit amplement à voir des merveilles.
Le bateau nous a d’abord emmené autour de l‘îlot de Baras, un monticule blanc formé par des débris de coraux – cette formation est tout à fait naturelle et surprenante – puis (environ 1h après) à un autre endroit plus loin, perdu au milieu du bleu… Nous avons enfilé palmes, masques et combinaison (péniblement pour moi : je ne fais pas exactement la taille standard des japonaises) puis plouf ! Et là c’est le début de la magie : un immense et infini aquarium tropical, des poissons multicolores où que l’on tourne la tête (poissons peu farouches d’ailleurs, certains s’approchent même carrément trop près… pour se faire une idée de notre goût ? Un genre de cuisine exotique pour poissons ?) : au milieux des coraux on voit des poissons clowns cachés dans leurs anémones, des idoles mauresques, ou encore des chirurgiens bleu (Gill et Dory du « Monde de Némo » ! révisez vos classiques !), mais aussi des jaunes, des roses, des arc-en-ciel dont je ne connais pas le nom… Et puis des animaux un peu plus effrayants mais tout aussi fascinants : énormes étoiles de mer venimeuses, murènes, serpent (oui, oui, SERPENT ! Le rayé noir et blanc là, celui qui tue en quelques secondes… mais il est pas agressif parait-il et ses crochets ne peuvent pas transpercer la combi… encore faut-il être en combi)… Bref, je m’arrête là parce que c’est finalement assez indescriptible.

Yubu jima - Iriomote, Okinawa - Mai 2012

L’île d’Iriomote est entourée de petits îlots de diverses tailles et formes, certains élevés comme des rochers et d’autres tout plats. C’est le cas de Yubu jima. Cette île extra-plate a été totalement aménagée pour être un petit concentré touristique : arbres fruitiers (dont des papayes que je voyais pour la première fois), hibiscus, bougainvilliers de toutes les couleurs, d’autres fleurs dont je ne connais pas le nom, arbres de la jungle, serre à papillons énormes (permettons nous un petit aparté à ce stade : les papillons tropicaux aiment la transpiration du touriste français, et ça fait légèrement peur, j’ajouterai qu’une serre à papillon est AUSSI une serre à moustique), jus d’ananas frais, plage évidemment et surtout buffles d’eau. Le buffle d’eau (ou buffle d’Asie) a d’énormes cornes dont il a l’air assez fier (et il peut), et passe son temps libre dans des mares, plongé jusqu’au cou. A Yubu jima il sert aussi de moteur aux roulottes qui nous en amènent sur l’île. Et pendant qu’on traverse la baie cahincaha au rythme du gros bovin qui patauge dans la mer, le conducteur nous raconte des blagues ou nous chante une chanson traditionnelle au son du Sanshin (ou s’extasie du fait qu’on soit français, comme à chaque fois qu’on dit d’où on vient – décidément il fait plutôt bon être français au Japon – et du fait qu’on sache dire trois mots de Japonais).

Il y aurait encore beaucoup à dire sur la mer à Iriomote, et encore plus à voir, comme ces magnifiques couchers de soleil (quand les nuages le veulent bien), ou ces vues à couper le souffle au sommet d’un chemin. Mais j’avoue avoir usé mon répertoire de superlatifs.
Vous avez compris que nous avons passé beaucoup de temps au bord de la mer et que nous avons adoré ça. D’autant que nous avons eu la chance d’avoir du soleil en permanence, alors que la météo prévoyait une semaine de pluie.

Dans le prochain épisode on tourne le dos à la mer et on s’enfonce dans la jungle. Et on parlera un peu musique avec un concert en plein air où nous ne sommes pas passés inaperçus…

(cliquez sur les photos ! c’est un ordre !)

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L’escalier

Chemin de randonnée – Hakone – Avril 2012

Ah les escaliers. Le Japon est un pays plein d’escaliers. Je ne parle pas des escalators des grand magasins hein, évidemment. Non je parle des escaliers aux centaines de marches qui mènent en haut des temples, des escaliers raides comme des échelles dans les châteaux, des escaliers en rondins de bambou qui contrairement à leur intention ne facilitent pas du tout les chemins de randonnée… Et tout ces escaliers sont beaux, mais alors beaux ! Depuis qu’on a mis les pieds au Japon pour la première fois, j’ai une sorte d’amour-haine pour les escaliers.
Alors évidemment, vous comprenez bien que même si le thème ne parle que d’un seul escalier… il fallait bien que je vous en présente plusieurs !

(cliquez sur les photos pour voir les escaliers en entier !)

Envie d’encore plus d’escalier ? Par ici : 100driiine, A&G, Agnès, Agrippine, Akaieric, Alexanne, Alexinparis, Alice Wonderland, André Éric, Anita, Anne, Anne Laure T, Anne-Cécile, Annick, Aparça, Aude, Ava, Babou, Batilou, Bestofava, Blogoth67, Cara, Carnets d’images, Caro, Carole In England, Caroline, Cathy, Cécile, Cekoline, Céliano, Céline in Paris, Cessna, oui !, Champagne, Cherrybee, CHIFFONS and Co, Chris et Nanou, Clara, Coco, Cocosophie, Cricriyom from Paris, Cynthia, Dan, David et Mélanie, DNA, Dorydee, Dr CaSo, E, Eff’Zee’Bee, Egedan, Elapstic, Emily58, Emma, Famille Gerdel, Filamots, florianL, François le Niçois, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Gizeh, Glose, Grignette, Hélène d’avril, hibiscus, Hugo, Isabelle, Isabelle et Gilles, J’adore j’adhère, Jean Wilmotte, jen et dam, Karrijini, Krn, Kyn, Kyoko, La Fille de l’Air, La Flaneuse, La Nantaise, La Papote, La Parigina, LaGodiche, Laura, Laure, Laurent Nicolas, Lauriane, Lavandine, L’Azimutée, Le Mag à lire, Le-Chroniqueur, Les petits supplices !, Les voyages de Lucy, Les zinzins, lesegarten, Leviacarmina, Lhise, Lost in London, Louiki, Louisianne, Loutron glouton, Lucile et Rod, Lyonelk, M, M.C.O, magda627, Maïder, Mamysoren, Manola, Marion , M’dame Jo, Melting Pot, Mgie les bons tuyaux, Minicecile, Muni57, Narayan, Nataru, Nathalie, Nicky, Nikit@, Nomade57, Nora, Olivier, Ori, Otak, Où trouver à Montréal ?, Ovan, Petite Marie, Pilisi, Quelbazar, Renepaulhenry, Sébastien, Sephiraph, Sinuaisons, Skipi, Stephane08, Stéphie&lesCacahuètes, Surfanna, Tam, Tambour Major, Testinaute, The Mouse, The Parisienne, Titem, Typh’, Un jour une rencontre, Une niçoise, Vanilla, Véro Beramelo, Vinie, Violette, Viviane, Xavier Mohr, Xoliv’, Zaromcha.

(le mail n’est pas obligatoire dans les commentaires)

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Okinawa épisode 2 : Okinawa Hontō

Dans cet épisode nous restons sur Okinawa Hontō, l’île principale d’Okinawa et nous sortons de Naha en car…

Manzamo – Okinawa – Avril 2012

Sur la route qui mène de Naha vers le Nord de l’île, nous nous arrêtons à Manzamo, un point de vue célèbre d’Okinawa.  On y admire des falaises qui plongent dans la mer de Chine orientale, des verts et des bleus magnifiques. Le nom de ce cap vient d’un poème ancien écrit en l’honneur du roi des Ryūkyū par une jeune poète célèbre dans l’archipel (Yoshia Chiru), où il est dit notamment qu’en ce lieu 10 000 personnes pourraient s’assoir et admirer la vue.

Churaumi aquarium - Okinawa - Avril 2012

L’aquarium de Churaumi et l’Ocean Expo parc. Situé au nord de l’île principale, ce parc fait partie des incontournables du touriste à Okinawa. Nous avons passé beaucoup de temps dans l’aquarium et finalement peu dans le parc. L’aquarium est vraiment impressionnant (et pourtant on avait déjà été impressionnés par celui d’Osaka). Des poissons tropicaux multicolores, des coraux, des requins et surtout un gigantesque bassin avec trois requins baleines, des raies manta et tout un tas d’autres poissons. Comme les zoo, les aquarium me font toujours un peu de peine mais impossible d’être insensible à la prestance de ces animaux et à cette ambiance un peu hors du temps lorsque l’on est face à l’immense vitre de ce bassin.

L’Ocean Expo Parc tout autour propose de jolies plages, des bassins de tortues marines, des bassins de lamantins et des bassins de dauphins. Je suis contente d’avoir pu voir ces animaux (surtout les lamantins qui sont vraiment mignons quand ils mangent leur salade avec leurs nageoires), mais j’ai toujours ce petit pincement au cœur de voir ces géants dans des bassins qui seront toujours trop petits pour eux.
Nous n’avons pas eu le temps d’aller voir l’arboretum tropical et sa collection d’orchidées, mais la nature d’Okinawa est tellement foisonnante qu’on en verra de partout des plantes merveilleuses !

Nakijin jo. Le château de Nakijin abritait autrefois les rois du Nord des Ryūkyū avant l’unification du royaume en 1416. Il ne reste aujourd’hui que les ruines des murailles qui serpentent dans la verdure. La superficie que couvrait le château est relativement étendue, avec différents étages entre les murailles. Du sommet du site on a une vue imprenable sur la mer turquoise, c’est beau (et ça tombe bien il y a des bancs pour se reposer après la montée des escalier sous une chaleur étouffante et faire « ah, c’est beau »). Le château est parait-il très réputé pour ses cerisiers qui sont les premiers du Japon à fleurir (en Janvier).

Nakijin jo – Okinawa – Avril 2012

Pas très loin de Nakijin nous sommes allés voir le Nago Pinapple Parc qui nous promettait mille merveilles, champs d’ananas, cultures de mangue et autres fruits de la passion. Au final ce fut une promenade d’une minute à peine entre quelques bosquets d’ananas et une visite d’une heure dans la boutique, où l’on a pu gouter du vin d’ananas (concept surprenant mais pas génial), des gâteaux à l’ananas et de délicieux ananas frais (quand on sait le prix des fruits au Japon, là c’était le grand luxe).

Aka jima. Non cette île ne se situe pas sur Okinawa Hontō, elle n’est même pas dans l’archipel de l’île principale puisqu’il s’agit d’une toute petite île de l’archipel des Kerama. Cependant ces îles sont si proches de Naha qu’on met moins d’une heure pour les atteindre avec le ferry. L’île d’Aka fait seulement 3 km2 et il n’y a quasiment rien, à part un port et ses activités marines, et une grande plage de carte postale qui est notre destination.

Aka Jima – Okinawa – Avril 2012

Nous voilà donc sur une immense plage de rêve… complètement déserte (si, si ! nous ne croiserons qu’un couple de kayakiste dans toute la journée) ! Nos compagnons seront d’énormes papillons assez nombreux, des bernard-l’hermite encore plus nombreux et quelques poissons. A noter tout de même que les eaux okinawanes abritent de nombreuses espèces venimeuses plus ou moins dangereuses : méduse, poisson pierre, rascasses, coquillage cône, étoile de mer, anémone, oursins, pieuvre et serpent. Ouch ! Mais on se rassure : nous sommes bien informés, leurs photos sont affichées partout au port et dans les bateaux, les premiers soins aussi et si on ne les cherche pas et qu’on ne marche pas dessus par accident, il n’y a pas grand risque. Nous n’en verrons pas l’ombre d’une à Aka d’ailleurs. Le paysage de l’île d’Aka vaut donc le détour (et le coup de soleil ! Et oui ça frappe fort au sud…).

Dans le prochain épisode nous prendrons l’avion pour arriver… au paradis !

(cliquez sur les photos, ça vaut le coup de les voir en grand et en entier !)

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Okinawa épisode 1 : Naha

Archipel du Japon schématisé

La préfecture d’Okinawa constitue l’extrémité sud du Japon, à quelques 2000 km de Tokyo. Elle est constituée de 160 îles et îlots, regroupés en plusieurs archipels et s’étendant sur environ 500 km, entre la mer de Chine orientale et l’océan Pacifique. Les îles les plus au sud sont très proches de Taiwan et flirtent avec le tropique du Cancer.
Avant d’être une préfecture japonaise en 1879, les îles d’Okinawa formaient un royaume indépendant : le Royaume des Ryūkyū, tributaire de l’Empire Chinois.
Si l’on ajoute à tout ça l’occupation militaire américaine qui a duré de la bataille d’Okinawa (1945) jusqu’en 1972 (20 ans de plus que pour le reste du Japon), et l’importante base militaire (la plus grosse base américaine du Pacifique) qui y est encore, on comprend que l’on va visiter un endroit d’influences multiples et bien différent du reste du Japon.

Lorsque nous arrivons à Naha, la capitale de la Préfecture, située dans l’île principale d’Okinawa Hontō, nous sommes accueillis par une chaleur moite qui nous change du froid tokyoïte de cette fin avril. Le climat des îles est subtropical : il fait chaud (température moyenne annuelle de 22°C, entre 16 l’hiver et 30 l’été), il pleut souvent (135mm de pluie par mois, un peu moins en hiver, un peu plus en été) et il y a du vent (assez appréciable du coup). Nous sommes dans la bonne période pour visiter Okinawa : pas encore trop chaud et relativement peu de pluie. Mais finalement, toutes les saisons se valent (sauf peut être en août où les typhons sont les plus nombreux).

Nous passerons 5 jours sur l’île principale avant de reprendre l’avion pour changer d’archipel. Cette petite semaine passe à une allure folle et on essaie d’éviter les gouttes de pluies (les grosses averses en fait, ce qui est plutôt pas mal car il ne pleut jamais en continue toute la journée, mais quand il pleut… quelle douche !) pour visiter plusieurs coins de l’île.

Naha. La ville en elle-même n’a pas grand intérêt. L’architecture change du reste du Japon mais reste à base d’immeubles et de béton – le tout ayant mal vieilli – avec quand même quelques grands parcs arborés agréables. Ce sera d’ailleurs l’occasion de nous familiariser avec la végétation luxuriante de ces îles : palmiers et autres plantes à larges feuilles, hibiscus, fougères et mangrove le long de la rivière qui débouche à Naha. Je vois aussi pour la première fois des baobab (pas vraiment originaires d’Okinawa mais qui ont l’air de s’y plaire tout de même) et leurs ventres gonflés me plaisent bien. On pousse la balade jusqu’au front de mer, la plage de Naha, Naminoue, aurait pu être jolie si il n’y avait pas cette autoroute aérienne qui passe au milieu de l’eau…

Dessin de Shisa - Okinawa - Mai 2012

Le gros attrait touristique de la ville est la rue Kokusai dori, un alignement de boutiques de souvenirs et de restaurants (le nombre de steak house nous rappelle que les Américains sont passés par là), certains proposant des spectacle de danse et chansons traditionnelles des Ryūkyū. Beaucoup d’animation sur cette rue et l’on y découvre tout de même quelques éléments de la culture okinawane. Comme par exemple le Sanshin, cet instrument à trois cordes à long manche et caisse de résonance ronde et tendue de peau de serpent. On croisera des joueurs de Sanshin tout au long de notre voyage d’ailleurs, avec les chansons traditionnelles qui vont avec évidemment et qui sonnent comme des croisements entre chansons traditionnelles japonaises et hawaïennes. Un petit aperçu ici, j’ai pas réussi à trouver mieux pour qu’on voit bien l’instrument.
Au sud de Kokusai dori partent des petites rues piétonnes et couvertes, avec de nombreuses boutiques de poteries, un des artisanats typique de l’archipel, où l’on peut participer à un atelier et faire son propre petit lion en terre cuite. Ce lion parfois très coloré, le Shisa, qui ressemble à ceux que l’on trouve à l’entrée des temples, est un des symboles d’Okinawa.

Mais la vraie perle de Naha c’est le château Shuri. Ce château était donc le siège du roi des Ryūkyū. Sa première construction n’est pas datée mais est probablement antérieure au XIVème siècle.

Shuri jo – Okinawa – Avril 2012

Il a été reconstruit plusieurs fois, suite à des incendies ou pour l’agrandir (un de ces agrandissements a d’ailleurs transformé la cour principale autrefois carrée en un quadrilatère plus du tout symétrique). Il a été entièrement détruit pendant la seconde guerre mondiale et reconstruit en 1992 (il reste encore des parties en travaux). Le château présente plusieurs portails et bâtiments avant d’arriver au sommet de la colline au bâtiment principal, siège du roi. Son architecture est un mélange d’inspirations chinoises et japonaises, avec des caractéristiques qui lui sont propres (les toits rouges et blancs, les dragons à l’entrée, etc.). La visite de l’intérieur du bâtiment principal est très intéressante (explications en anglais) et on peut y voir un petit jardin japonais avec des mini-palmiers !

L’avantage de Naha c’est aussi qu’étant la capitale, il est facile de s’en servir de point de départ pour explorer le reste de l’île : excursions en bus, bateaux navettes, tout part de Naha. Nous n’avons pas loué de voiture, préférant de manière générale utiliser les transports en commun. Cela peut-être plus pratique pour explorer les îles d’Okinawa en tout liberté mais cela ne nous a pas manqué plus que ça.

Je m’arrête là pour ce premier épisode, dans la suite nous prendrons donc la route et la mer !

Publié dans Hors de Tokyo, Okinawa | 3 commentaires

Happy Sweets

Tokyo – Shinjuku – Avril 2012

Ce joli camion de glaces et crêpes s’est installé tout près de chez nous, à Shinjuku. Il était déjà là l’automne dernier mais avait disparu au début de l’hiver. J’avais été très déçue parce que je n’avais pas eu le temps de le prendre en photo. Et ouf ! Le revoilà ! Très kawaii, ne ?

Nous partons pour un peu plus de deux semaines dans les îles du sud du Japon, à Okinawa. Ça veut dire pas de nouvelles avant le 7 ou 8 mai, mais ça veut dire aussi plein de belles histoires et encore trop de photos au retour !

Matane !

Publié dans Kawaiiiiiii, Tokyo | 6 commentaires

Asakusa

Asakusa - Senso-ji - Février 2012

Bon il fallait bien que je parle un peu plus de Tokyo, non ? Alors allons-y avec ce quartier incontournable des visites touristiques de la capitale : Asakusa.

Pourquoi incontournable ? parce que c’est un des quartiers les plus anciens de Tokyo, avec des petites ruelles et des façades en bois, et qu’il abrite le temple le plus célèbre de Tokyo : le Sensō-ji.
Asakusa est situé au nord-est de Tokyo, au cœur de ce qui était la shitamachi, la ville basse, soit le quartier populaire de l’ancienne Edo. Le quartier a pas mal souffert du tremblement de terre de 1923 et des bombardements de la seconde guerre mondiale. Cependant quelques perles demeurent et il lui reste une ambiance assez particulière.
Tous les guides vous recommanderont de passer une demi-journée, voire une journée à Asakusa. Ne vous étonnez donc pas de trouver foule et d’entendre parler plus chinois, anglais et français que japonais (même si les Japonais sont les premiers touristes dans leur pays).

Bien entendu la visite commence par le temple Sensō-ji. Lorsque l’on arrive (par le sud du temple), on est accueilli par une immense porte : Kaminarimon. Non, en fait on est d’abord accueilli par les tireurs de pousse-pousse. La visite en pousse-pousse doit être passionnante car les conducteurs sont de sacrés bavards et connaissent surement tout un tas d’anecdotes sur le quartier. Malheureusement ils ne parlent pas anglais (du moins aucun de ceux qui j’ai croisés), et au final tant pis, la course étant très chère (10.000 yens l’heure pour 2 personnes d’après le routard). Bref, revenons à notre portail. Sous l’arche une énorme lanterne rouge, déjà visible sur une estampe d’Hiroshige (1856, dans l’une des 100 vues d’Edo) et un spot photo très prisé des japonais et des touristes. A droite et à gauche les dieux du vent et du tonnerre protègent le temple.
On remonte ensuite par une allée bordée de petits commerces, échoppes de souvenirs, de biscuits, de cartes postales et autres pièges à touristes. Ne vous retenez pas cependant : les prix ne sont pas si excessifs, ou du moins pas plus élevés que partout ailleurs pour ce type de produits.
A la fin de l’allée, après avoir remonté la foule, on se trouve devant la deuxième porte du temple et au-delà devant le temple lui-même. A gauche de l’entrée une impressionnante pagode de cinq étage, la plus grande de Tokyo et une des plus grandes du pays (54 mètres pour les amateurs de chiffre). Elle est vraiment superbe et vaut le déplacement à elle seule. En face, derrière un énorme brûleur d’encens, le bâtiment principal de Sensō-ji. Il est assez imposant et abrite une statue en or de Kannon. On peut monter ses escaliers et pénétrer à l’intérieur. Il a été détruit durant la guerre mais reconstruit quasi à l’identique (si ce n’est les matériaux). Il est très fréquenté par les japonais, il parait que les acteurs de kabuki et les sumo viennent y prier avant leurs performances.
Tout autour d’autres bâtiments et des petits jardins avec cascades miniatures, étangs, arbres tordus et carpes koi (vous avez compris mon amour pour les jardins japonais). Un bâtiment, le Yogodō, abrite plusieurs statue à vénérer selon votre signe du zodiaque (pas de panique, un tableau à l’entrée vous indique votre signe selon votre année de naissance et la divinité correspondante).
La visite du temple est des plus agréables, on y passe un bon moment à regarder tous les bâtiments et les détails des jardins, d’autant que l’enceinte est finalement assez grande. A faire un jour de semaine pour éviter un peu la foule tokyoïte (mais pas les touristes si vous y êtes au printemps).

Puis on s’aventure en dehors du temple, vers l’ouest. Si vous avez un plan : Denboin dori et toutes les petites rues perpendiculaires. On fait des tours et des détours dans ces petites rues où l’on tombe sur des façades en bois charmantes, sur des boutiques d’ustensiles de cuisine (notamment une impressionnante vitrine de couteaux) et tout un tas de boutiques diverses et variées. En remontant vers le nord, toujours sur le flanc ouest du temple on retrouve l’époque moderne, tout en se souvenant qu’Asakusa était le quartier populaire de l’époque Edo : théâtres (de Kabuki, de comédies musicales), salles de paris équestres, arcades de boutiques (loin de la pointe de la mode), Geisha (invisibles). Au nord du temple on trouve un tout petit parc d’attraction, le plus vieux de Tokyo (fin 19ème) où les manèges semblent empilés les uns sur les autres.

Pour le retour, retraverser le temple par le nord jusqu’à arriver à la rivière Sumida. On peut la longer vers le sud par le parc Sumida. En longeant la rivière on a deux points de vue sur des curiosités architecturales : la flamme Asahi, sur le siège social de ce fabriquant de bière (un espèce de grosse mèche dorée sur un bloc noir, signée Philippe Stark, assez moche à mon avis mais en tout cas incontournable) et la Tokyo Tower (qu’on voit enfin de près et qui est réellement LA star en ce moment).

Le quartier d’Asakusa accueille aussi deux moments forts dans l’année.
Le premier c’est le Sanja Matsuri au temple Sensō-ji (3ème week-end de mai). Le plus gros festival de Tokyo (2 millions de visiteurs chaque année). J’espère pouvoir vous en reparler après l’édition de cette année.
Le second c’est le feu d’artifice de la rivière Sumida, dont la vue est particulièrement bonne depuis le parc Sumida. Il a lieu le dernier samedi de juillet (mais il est moins sûr que nous soyons toujours à Tokyo pour l’admirer).

Pour manger ? Bien entendu que j’ai une adresse à vous recommander ! Il s’agit d’un tout petit restaurant d’Okonomiyaki et Monjayaki. Le principe est simple : vous choisissez la composition de votre plat (une carte en anglais est disponible) et les ingrédients arrivent dans un bol. Vous préparez ensuite ça vous même sur la plaque chaude au milieu de la plaque. Si vous ne savez pas comment faire, notamment pour le monja, moins évident que l’okonomiyaki où il suffit de bien tout mélanger dans le bol puis de faire sa petite omelette bien ronde sur la plaque (et de la retourner savamment à mi-cuisson), il suffit de demander au serveur de le faire pour vous. Le restaurant s’appelle Maguro ie (ou maguro uchi, je ne sais pas comment se lit le kanji), ça s’écrit まぐろ家 (mais vous avez une photo plus bas de l’enseigne) et c’est sur Kokusai dori, trottoir est, la grosse artère à l’ouest du temple, et au niveau du parc d’attraction (bam ! j’ai même l’adresse pour votre moteur de recherche favori : 2-13-7 Asakusa, Taito, Tokyo 111-0032).
Puisqu’on parle nourriture et qu’on est sur cette grosse artère, si vous voulez manger des Taiyaki – ce sont des gâteaux en forme de poisson, en quelque chose ressemblant à de la pâte à gaufre et fourrés à l’anko, pâte de haricot rouge sucrée qu’on trouve dans beaucoup de pâtisseries japonaises – il ne faut pas prendre ceux du trottoir de l’est, mais ceux du trottoir ouest, faits au pied d’un immeuble de briques rouge, au croisement de Kokusai dori avec ce qui doit être Denboin dori. Bon prenez un plan, je suis nulle en guide. Mais c’est important.
Je vous raconte l’anecdote si vous avez 5 minutes : pendant que nous marchions sur cette grosse avenue, nous passons devant une boutique à taiyaki, que je signale à David, ces pâtisseries étant assez connues. A ce moment là un japonais âgé, poussant sa bicyclette, nous dit que si nous voulons manger des taiyaki il vaut mieux éviter ceux-là qui sont mauvais et plutôt manger ceux de l’immeuble rouge là-bas. Je le remercie gentiment. « Oh mais vous comprenez ! » S’en suit une petite discussion sur mes cours de japonais (avec les félicitations d’usage sur mon niveau vraiment très bon… les Japonais sont vraiment trop polis parfois), sur notre installation à Tokyo, sur notre pays d’origine. Notre nouvel ami nous dira même quelques mots en français car il a passé quelques mois en France (décidément les Japonais et la France c’est une grande histoire d’amour). Puis nous nous saluons et nous continuons notre route. Pour être rattrapés quelques pas plus tard par le même homme, qui nous conduira résolument vers la boutique de taiyaki en question pour nous en offrir deux. Nous plantant là avec un « attention c’est chaud, vous pouvez vous asseoir là pour les manger, au revoir ». Nous l’avons quand même grandement remercié malgré la surprise. Et effectivement, ils étaient très bons, croustillants et souples en même temps. Même l’anko était bon !

Voilà ! De quoi passer une bonne petite journée à Asakusa ! (je ne garantis pas que vous rencontriez l’homme au vélo par contre).

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En travaux !

Le thème de ce mois-ci tombait bien ! En effet le Japon – Tokyo en particulier – est en perpétuels travaux. A Tokyo on détruit et reconstruit des buildings en permanence ; le renouvellement urbain est si rapide qu’en 6 mois j’ai vu, dans le seul quartier de Shinjuku,  2 building sortir de terre, et 3 autres se faire raser. Mais les travaux de ce type passent presque inaperçus : on emballe le vieux building dans des échafaudages qui ressemblent plus à une grosse boîte blanche, on travaille dessous avec le soucis de la plus grande discrétion possible (sonomètre affiché sur la structure), on met un agent de sécurité chargé de faire circuler les piétons sur le trottoir en évitant les éventuelles barrières (inutile mais si gentil), et un jour pouf ! On enlève la boîte et on a un beau building tout neuf. Je suis sûre que les Japonais eux-même ne s’aperçoivent qu’il y avait des travaux que quand le nouveau building apparait.
Pas très photogénique donc.

Mais des travaux on en fait aussi beaucoup pour rénover les temples et les bâtiments historiques. Notre récente escapade à Kyoto en fut le témoin : au moins 3 temples, 2 châteaux et un musée en travaux. Visiblement le budget alloué à ces monuments est conséquent, ils sont toujours parfaitement entretenus et sont du coup, je pense, rénovés très souvent. Là aussi le monument est mis sous échafaudage et si les travaux sont conséquent on n’en voit plus rien… Mais comme ce serait vraiment trop dommage de ne voir qu’une boîte à la place d’un château ou d’un temple célèbre, les Japonais ont mis au point cet amusant concept : on peint le monument sur l’échafaudage !
Et là je n’ai eu que l’embarras du choix pour la photo du mois !

Voilà celle que j’ai choisi. Il s’agit du Toshogu du parc Ueno. En travaux depuis l’an 20 et jusqu’à l’an 25 (pour déchiffrer ceci, sachez que nous sommes en 24 cette année).

En voilà quelques autres, parce que le choix fut rude !

Pour voir d’autres travaux : 100driiine, A&G, Agnès, Akaieric, Alexanne, Alexinparis, Anaou, Anne, Anne Laure T, Anne-Cécile, Annick, Aparça, Ava, Babou, Batilou, Bestofava, Blogoth67, Cara, Carnets d’images, Caro, Carole In England, Caroline, Cathy, Cécile, Cekoline, Céliano, Céline in Paris, Cessna, oui !, Champagne, Cherrybee, Chris et Nanou, Clara, Coco, Cocosophie, Cricriyom from Paris, Cynthia, Dan, David et Mélanie, DNA, Dorydee, Dr CaSo, E, Eff’Zee’Bee, Egedan, Emi London, Emily58, Emma, Famille Gerdel, Fanny et Vincent, Filamots, Florian, florianL, François le Niçois, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Gizeh, Glose, Grignette, hibiscus, Hugo, Isabelle, Isabelle et Gilles, J’adore j’adhère, Jean Wilmotte, jen et dam, Julien, Karrijini, Krn, Kyn, Kyoko, La Fille de l’Air, La Flaneuse, La Nantaise, La Papote, La Parigina, LaGodiche, Laure, Laurent Nicolas, Lauriane, Lavandine, L’Azimutée, Le Mag à lire, Le-Chroniqueur, Les petits supplices !, Les voyages de Lucy, Les voyages de Seth et Lise, Les zinzins, lesegarten, Leviacarmina, Lhise, Lost in London, Louiki, Louisianne, Loutron glouton, Lul worth blue, Lyonelk, M.C.O, Ma, magda627, Mamysoren, Mandy, Manola, Manuelle, Marion, M’dame Jo, Mgie les bons tuyaux, Minicecile, Muni57, Nataru, Nathalie, Nikit@, Nomade57, Nora, Olivier, Ori, Où trouver à Montréal ?, Petite Marie, Quelbazar, Renepaulhenry, Sébastien, Sephiraph, Sinuaisons, Soiz, Spiki, Stephane08, Stéphie&lesCacahuètes, Surfanna, Tam, Tambour Major, Testinaute, The Parisienne, Thib, Titem, Une niçoise, Vanilla, Vinie, Violette, Viviane, Voyagesetc, Xavier Mohr, Zaromcha.

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Ohanami

Iidabashi - 10 avril 2012

Hanami, 花見, signifie littéralement « regarder les fleurs ». En pratique les fleurs en questions sont surtout les fleurs d’arbres fruitiers – dans l’ordre de floraison : les pruniers (fin février-début mars, cette année très en retard et jusqu’à fin mars), les cerisiers, ou sakura, les plus populaires (fin mars pour les plus précoces, deux premières semaines d’avril pour l’apogée de la floraison, du moins dans les régions de Kyoto et Tokyo), les pêchers (fin avril). C’est une coutume du printemps dont les Japonais sont complètement fanatiques. Et qui ne date pas d’hier !

Un brin d’histoire : l’origine du Hanami serait liée à la religion Shinto, lorsque l’on faisait des offrandes aux pieds des arbres en fleurs, annonciateurs de la saison de plantation du riz. C’est pendant la période Heian (vers l’an 800) que cette tradition est devenue une fête de contemplation des fleurs, très populaire dans la cour de l’Empereur, où l’on buvait du saké et mangeait sous les arbres fruitiers.

De nos jours cela n’a que peu changé mais s’est énormément popularisé. Les premières fleurs sont guettées par tout le pays : il y a des sites internet qui prévoient les périodes de floraison et suivent ensuite l’évolution du taux de fleurs à travers tout le Japon (le sakurazensen), cette évolution est aussi un sujet récurrent des journaux télévisés. Les premières fleurs (kaika) sont mitraillées par les photographes (c’est-à-dire par tous les Japonais) et à l’apogée de la floraison (mankai) les arbres sont devenus de vraies stars. Mais le Hanami n’a pas pour objet principal la photo (et pourtant elles sont nombreuses à fleurir sur internet en cette période). Non. Il s’agit avant tout d’aller faire des pique-niques en couple, en famille ou entre amis, et plus ou moins bien arrosés, sous les cerisiers en fleurs, dans les divers parcs du pays. Parce que c’est la coutume, parce que c’est beau, parce que ça ne dure que quelques jours, parce que c’est enfin le printemps et qu’on commence à avoir un peu moins froid.
Ainsi le premier bourgeon annonce surtout la floraison des bâches bleues sous les arbres et la saison des plus grands rassemblements de Japonais que j’ai jamais vus. A Tokyo les parcs de Yoyogi, Ueno ou encore Shinjuku rassemblent des milliers de personnes, toutes venues passer un bon moment sous les arbres en fleurs. Certaines bâches mises bout à bout accueillent des groupes d’une centaine de personnes ! A Yoyogi et Ueno les pique-niques du midi durent jusque tard dans la nuit (Shinjuku ferme lui à 16h30), au son de divers groupes de musiques et sous les lanternes accrochées aux arbres… Un grand moment de joie collective, assez incroyable !

Bien entendu n’importe qui peut faire « Hanami » et surtout n’importe où : il vous faut simplement un arbre en fleur, des amis et une bâche bleue. Les deux premiers étant fortement recommandés, la bâche bleue facultative (mais tellement japonaise !).

Aujourd’hui à Tokyo nous sommes en plein mankai, et certains arbres commencent déjà à perdre leurs pétales en une jolie neige romantique. Les pique-niques continueront toute la semaine, ce week-end sera un grand moment de fête comme le week-end dernier et dès la semaine prochaine, tout ça aura disparu. Mais les sourires resteront, histoire de patienter… jusqu’aux fêtes de l’été !

Quand vient le printemps
Fleurit la joie de vivre
Sous les cerisiers !

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Kyoto – Episode 3 et fin

Kinkakuji - Kyoto - Mars 2012

Notre dernier jour à Kyoto est mouvementé question météo : soleil – averse – soleil – douche – soleil – nuit. Ça c’est fait. On profite donc des éclaircies pour faire quelques essentiels de Kyoto : Kinkaku-ji, Ryōan-ji, Nijō-jō.

J’ai déjà évoqué le Kinkakuji, Pavillon d’or, dans l’article précédent. Il fut donc construit par un Shogun qui y passa sa retraite et qui par testament en fit un temple zen à sa mort. Seul le pavillon central demeure aujourd’hui suite à de nombreuses destructions. Le Pavillon d’or, lui, porte bien son nom : il est recouvert de feuilles d’or, et comme il a été restauré dans les années 80, il brille de mille feux ! Il est une des stars de Kyoto, donc autant dire que la visite ne se fait pas en solitaire. On tourne autour du Pavillon dans le jardin, très harmonieux, pour arriver un peu en hauteur et avoir une vue plongeante sur le bâtiment doré.

Nous partons ensuite pour le Ryōanji un temple zen abritant un célèbre jardin sec fait de pierres et de fins cailloux. Les 15 pierres représentent des montagnes et le gravier ratissé l’océan. Ce jardin zen est très célèbre et est considéré comme l’un des plus abouti du Japon. Le Ryōanji abrite aussi un joli jardin arboré, avec un étang en son centre, dont la visite est très agréable.

Nous finissons cette journée au Château de Nijō (Nijō-jō). Il a été construit en 1603 par Ieyasu Tokugawa, le plus célèbre Shogun du Japon. Il servait essentiellement de résidence pour les Shogun lors de leurs séjour à Kyoto (la capitale ayant déménagé à Tokyo). Le château compte deux palais : le Honmaru et le Ninomaru, et de deux séries de remparts. A noter que le portail menant au Ninomaru est en réfection (les photos datent donc de notre voyage en 2009, oui, je triche). On peut entrer dans les couloirs du Ninomaru et avoir un aperçu des pièces de l’intérieur. Et surtout cette visite permet de faire chanter le rossignol : le parquet est construit de telle façon que chaque pas provoque un son sous les lattes, semblable à des petits sifflements d’oiseau d’où son célèbre nom de « plancher du Rossignol ». Évidemment cette caractéristique a un but (autre que musical) : déceler toutes les présences, qu’elles soient amies ou surtout ennemies. Les jardins du palais sont encore une fois des trésors de détails et il est très agréable de s’y promener.

Nous consacrons une journée de notre séjour dans le Kansai à la visite de Nara, la plus vieille ville du Japon. Elle en fut la première capitale et aujourd’hui elle présente les plus vieux bâtiments de bois du Japon. Nos visites seront écourtées par le déluge de ce jour là mais nous verrons quand même le Kōfukuji et le Tōdaiji, tout plein de petites rues et de vieilles maison et des daims, des daims, des daims. En effet ces gentils animaux seraient plus de mille a vivre dans la ville de Nara. Ils sont considéré comme sacrés dans la religion shinto (comme quasiment tout ce qui touche à la nature finalement) et sont donc plutôt bien logés. Ils sont grassement nourris aussi puisque les touristes, encore plus nombreux, leurs donnent des petits gâteaux. Ils ont d’ailleurs la fâcheuse tendance à venir vérifier de près si ce que vous cherchez dans votre sac ne ressemble pas à un biscuit ou si cette carte ne serait pas comestible par hasard… Le Kōfukuji est un temple bouddhiste composé de plusieurs bâtiments dont une pagode à trois étages et une pagode à cinq étages (trésors nationaux, est-il besoin de le préciser). Le Tōdaiji est un grand ensemble de temples bouddhistes, fondés en 745, et le lieu le plus célèbre de Nara. Le bâtiment principal est considéré comme le plus grand bâtiment de bois du monde et il abrite une statue de bronze géante de Bouddha (18m de haut). Un des piliers du bâtiment présente un trou d’environ 80 centimètres (à vu de nez) à sa base : il est dit que si on arrive à traverser ce trou – qui a la taille d’une narine du Bouddha géant ! – on connaitra l’illumination lors de notre prochaine réincarnation. Non, aucun d’entre nous n’a essayé, beaucoup d’enfants faisaient la queue pour passer (et moi je veux être réincarnée en chat et je suis pas sûre que Bouddha trouve ça très lumineux).
Lorsque nous sortons du Tōdaiji nous prenons une sacré douche qui nous pousse à regagner Kyoto plus tôt que prévu et à finir la journée à Kurama. Kurama est un village de montagne situé au Nord de Kyoto. On le rallie par un petit train qui gravit la colline en une heure environ. Si la montagne autour de ce village est superbe et mérite une rando, c’est pour tout autre chose que nous y sommes allés : ses sources d’eau chaude et ses onsen (bains d’eau de source chaude). Le Kurama Onsen est parfait : des bains en intérieur et des bains en extérieur. Quel plaisir après une journée glaciale et trempée de se baigner dans un bain brûlant en regardant le brouillard au dessus de la montagne !

Le jour de notre départ de Kyoto nous faisons un crochet par Himeji, crochet inutile puisque de la gare on se rend compte que le château est en restauration et qu’il est impossible (et inutile) d’aller le visiter. Les travaux durent jusqu’en mars 2015… Mais comme nous avons eu la chance de le visiter en 2009 voilà quand même quelques infos (et des photos de tricheuse en bas). Le château d’Himeji (Himeji-jō), avec ses murs blancs et ses toits gris clairs, porte le surnom de « Héron blanc ». C’est une des merveilles du Japon car un des monuments historiques les mieux conservés. Il a été construit en plusieurs vagues s’étalant de 1345 à 1620 environ et il a miraculeusement survécu jusqu’à aujourd’hui (malgré des bombardements très proches pendant la seconde guerre mondiale). L’intérieur se visite (en chaussettes) : les différents étages sont tout en bois, du sol aux échelles (qui sont d’ailleurs bien raides et étroites – aïe la tête). Le jardin est tout aussi beau, surtout lorsque les nombreux cerisiers sont en fleurs. De notre côté nous repartons directement vers Osaka voir un autre château : Ōsaka-jō. J’en ai déjà parlé lors de notre visite de la ville en décembre dernier. Cette fois nous entrons à l’intérieur, qui lui n’a plus rien de traditionnel puisque le château a été entièrement reconstruit dans les années 90, afin de visiter le musée (très intéressant) retraçant l’histoire du château.

Nous finirons cette escapade dans le Kansai par un bentō dans le Shinkansen, à la japonaise, fatigués mais – comme d’habitude – ravis.

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Kyoto – épisode 2

Ginkaku ji - Kyoto - Mars 2012

Le lendemain nous partons vers le nord-est de la ville afin de rallier le Ginkakuji. Nous prenons le bus, moyen de transport le plus pratique à Kyoto (avec le vélo). Un trajet de bus coûte 220 yens (on paie en sortant du bus) et il est possible d’acheter une carte pour la journée à 500 yens. Il est donc indispensable de se munir d’un plan de bus en arrivant (à l’office du tourisme, à la gare de Kyoto ou comme nous, gentiment fourni par l’agence).
Le Ginkakuji, Pavillon d’argent, est un temple bouddhiste construit en 1482 par le Shogun de l’époque – le shogun est le terme désignant le chef militaire du pays pendant la période du Japon féodal.
Le Ginkakuji est le pendant nord-est du Kinkakuji, Pavillon d’or, au nord-ouest de Kyoto. De même que son grand-père avec le Kinkakuji, le shogun fit construire le Ginkakuji pour y passer sa retraite et la résidence devient un temple à sa mort. De fait il n’a rien d’argenté : il devait être recouvert de feuilles d’argent mais la guerre qui ravageait Kyoto à cette époque a conduit à abandonner cette idée. Et c’est finalement tant mieux : le temple est un exemple de simplicité et de raffinement à la japonaise et son jardin est un vrai bijou.
Construit au pied d’une colline, le jardin permet de monter un peu en hauteur et d’admirer le temple d’au-dessus et, plus loin, la ville. Il est typique des jardins japonais, avec ses petits étangs, sa mousse et ses arbres sculptés. Au centre et au pied du Pavillon se trouve un jardin sec : deux étendues de sable ratissées et mises en forme pour évoquer l’une le mont Fuji, l’autre la mer. Ce temple et son jardin sont une des merveilles de Kyoto.

Nous prenons ensuite le Chemin des Philosophes qui part du pied du Ginkakuji. Le chemin suit un canal bordé de cerisiers, hélas encore nus. Il doit son nom au philosophe Nishida Kitaro, professeur à l’université de Kyoto, qui, dit-on, l’empruntait tous les jours. Le chemin mène jusqu’au Nanzenji, un autre temple plus au sud en passant à proximité de tout un tas d’autres temples et sanctuaires, comme le Hōnen-in et le Eikandō. Le premier est un temple caché dans les sous-bois de la colline qui surplombe le chemin. Recouvert de mousse, d’un calme et d’une fraîcheur propices à la méditation, il est de ces endroits où l’on s’assoie quelques instants, juste pour l’atmosphère. Le second est bien plus étendu et ses bâtiments plus nombreux. Il est situé à l’extrémité sud du chemin des philosophes, juste avant l’arrivée au Nanzenji. On peut y entrer (sans chaussures) et faire le tour des bâtiments, reliés entre eux par des couloirs et escaliers serpentant entre les arbres. Plusieurs petits jardins zen, des salles de prière ou méditation recouvertes de tatami et le Hall de Amida, présentant une statue de la déesse Amida la tête tournée pour regarder ceux qui la suivent, un des trésors du temple. On peut monter jusqu’à la pagode qui donne, encore une fois, une jolie vue sur la ville. Et comme dans la plupart des temples japonais, des coins et recoins où l’on découvre des étangs, des cascades, des statues.

Nous arrivons ensuite au Nanzenji, un des grands temples zen de Kyoto. Il est surtout remarquable pour son immense portail Sanmon dans lequel on peut monter par de très étroits escaliers (aïe la tête). Nous poussons la balade plus loin en longeant un canal en haut du Nanzenji. Nous arrivons sur une voie de chemin de fer désaffectée qui nous mène jusqu’au bassin du musée d’art de Kyoto et du zoo.
En longeant le bassin on arrive jusqu’au Heian Jingu, un imposant sanctuaire Shinto. Il a été construit en 1985 pour les 1100 ans de Heian (ancien nom de Kyoto), à l’image du Palais Heian, le palais de l’empereur à cette période. Ses couleurs vives et son étendue contrastent avec les temples en bois que nous venons de visiter. Il est plus faste, plus imposant mais il semble également moins chargé d’histoire. Le jardin à l’arrière du bâtiment principal est admirable : on se promène le long d’un lac allongé et bordé d’arbres, de cerisiers et de fleurs. Lorsque l’on est chanceux on y voit même un héron qui pose de son meilleur profil.
Nos pieds réclamant du repos ce sera tout pour cette journée et nous rentrons en bus.

Le lendemain fut assez pluvieux et nous nous sommes réfugiés dans le temple le plus près de l’appartement : le Kennin-ji. Fondé en 1202, il est un des plus vieux temples zen du Japon. On peut y entrer (toujours en chaussettes) et glisser sur le parquet et les tatamis. Plusieurs jardins zen sont visibles depuis l’intérieur – la plupart des intérieurs de temples et de châteaux sont très ouverts vers l’extérieur grâce à de grand panneaux coulissants ou aux couloirs complètement ouverts un peu comme des coursives.
Le temple abrite un célèbre paravent doré décoré des dieux du vent et du tonnerre. Depuis 2002 une autre merveille est visible dans un grand bâtiment annexe : un plafond peint de deux dragons jumeaux, par le peintre Junsaku Koizumi, pour commémorer les 800 ans du temple.

La suite de la journée étant toujours aussi pluvieuse nous sommes allés faire un tour dans le centre de Kyoto, à l’abri sous les arcades des rues commerçantes. Le centre n’a pas grand intérêt historique mais il permet de reprendre rapidement pied dans notre époque, avec ses buildings, ses restaurants et ses boutiques. Nous tombons tout de même sur un panneau nous indiquant l’emplacement d’un ancien magasin de sauce soja… là où furent assassinés nos amis de la veille : Sakamoto Ryōma et Nakaoka Shintarō.
On se rend donc dans le centre de Kyoto pour faire le plein de souvenirs et le soir, pour manger. Beaucoup de restaurants divers et variés dans ces quelques rues. Les restaurants traditionnels se concentrent autour de la rue de Pontochō, le long de la rivière Kamogawa et du canal parallèle. Comme à Tokyo on trouve des restau tous les trois pas donc on ne risque pas de mourir de faim. Le tout est d’en trouver des pas trop chers, ce qui nous a semblé plus difficile à Kyoto qu’à Tokyo… sauf pour les okonomiyaki, qui sont d’ailleurs une des spécialités de la région (j’en ai déjà parlé dans mon article sur Osaka, la région du Kansai est réputée pour ça).

Ce jour-là on tentera aussi le musée national de Kyoto… un échec puisque le hall principal est en reconstruction jusqu’en 2013 et que le hall des expositions temporaires était fermé (faute d’exposition temporaire… la prochaine débute le 16 avril 2012).
Nous prenons du coup le temps de rentrer à pieds sous la pluie par les petites rues.
Et histoire de bien finir la journée nous nous rendons au Gion Corner. Il s’agit d’un petit théâtre situé dans l’enceinte du Théâtre de Gion Kobu Kaburenjo où se produisent les Maiko et Geiko lors du festival de danses Miyako Odori. Au Gion Corner sont données chaque soir des petites représentations de divers arts traditionnels prenant une petite heure en tout. Principalement à destination des touristes, on y voit de l’Ikebana – l’art de l’arrangement floral, du Koto – sorte de harpe allongée, du Gagaku – danse costumée et orchestre, une petite pièce de Kyogen – théâtre, un morceau d’une pièce de Bunraku – marionnette, et deux petites danses Kyomai effectuées par deux maiko. C’est donc à peu près l’une des seules options pour le touriste de voir des maiko à l’œuvre quel que soit le moment de l’année, et, malgré la salle remplie de touristes (et de flash et de gens debout et de chuchotements…), ça vaut le coup. J’ai été conquise par la grâce de ces deux petites poupées en kimono somptueux. L’impression de voir des estampes prendre vie, d’effleurer un monde dans lequel on ne pourra jamais entrer et de commencer à comprendre qu’une geisha est comme un bijou extrêmement ciselé, d’une finesse et d’un raffinement peu visibles aux yeux du profane. Une expérience trop courte mais réussie pour moi !

Encore une journée à Kyoto après ça, puis une à Nara et une à Himeji-Osaka avant de rentrer à Tokyo. De quoi faire un troisième épisode donc !

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