Après notre petite semaine sur l’île principale d’Okinawa nous reprenons l’avion pour un saut de puce géante de 55 minutes et quelques centaines de kilomètres et atterrissons au bout du bout du Japon, sur l’île d’Ishigaki, dans l’archipel des Kerama. De là nous nous dirigeons directement vers le port de la petite ville d’Ishigaki pour prendre le ferry qui nous dépose sur l’île d’Iriomote une heure plus tard. Ah oui, le paradis est loin et ça coûte beaucoup d’y accéder (en argent et en gaz à effet de serre). Mais hé, c’est le paradis, on n’y va pas tous les jours.
Plage Tudumari – Iriomote, Okinawa – Mai 2012
Iriomote est le prototype de l’idée que l’on se fait de « l’île perdue au milieu du pacifique » : moins de 300km2, 2000 habitants (gentils), pas de ville, une seule route qui longe la moitié nord de l’île (on n’accède pas au sud en voiture) et la plus grande partie de l’île est sauvage, couverte par la jungle et la mangrove. Tout le tour de l’île est parsemé de plages dorées (désertes) et elle est entourée par une barrière de corail… Je n’employais pas le terme de paradis (du moins l’image que personnellement je me fais du paradis) à la légère hein. (et je n’ai pas encore parlé de la nourriture).
Nous résidons à la Villa Unarizaki, petits bungalows situés la pointe nord d’Iriomote, avec ce qui doit bien être une des plus jolies vues de l’île. Se réveiller tous les matins en voyant la mer turquoise et des îlots couverts par la jungle, c’est déjà assez exceptionnel. La Villa est un hébergement de luxe : nous sommes traités comme des rois (ah ce petit déjeuner !) et nous pouvons nous faire accompagner en voiture à divers endroits environnant (le port, la supérette, les restau du coin, les plages, l’embouchure de la rivière Urauchigawa qui remonte dans l’île, etc.). Autant le dire tout de suite : nous avons passé les plus belles vacances de notre (encore courte) vie. Bon ça c’est fait, et ce qui est bien c’est qu’on reste mesuré… hem.
Plage Hoshizuna – Iriomote, Okinawa – Mai 2012
Nous avons passé la plus grande partie de notre séjour côté mer, et les activités ne manquent pas. Commençons par les plages, qui valent le déplacement à elles toutes seules.
A notre avis la plus belle plage, pour la vue essentiellement mais aussi parce qu’elle est la plus agréable pour se poser, est Tudumari (son nom local, vous la trouverez aussi sous son nom japonais : Tsuki ga hama, la plage de la lune). Une longue plage de sable doré, avec une eau turquoise où l’on a pied très longtemps et une vue sur les îlots et rochers recouverts de plantes tropicales. La plage est très proche de l’embouchure de la Urauchigawa et à quelques 15 minutes de la Villa, la vie est bien faite. Ah oui, et elle est déserte. A peine quelques touristes qui passent juste le temps de faire une photo et c’est tout (non mais les Japonais qui n’aiment pas se baigner, bronzer ou juste prendre le temps de se poser sur la plage… ils ne savent pas ce qu’ils perdent !).
La seconde plus belle plage (mais on pourrait même dire qu’elles sont ex æquo) est Hoshizuna no hama (la plage des étoiles). Son nom n’est pas seulement poétique, il vient de la forme des grains de sables qui forment de minuscules étoiles (ce sont les squelettes de micro-organismes) et c’est vraiment très joli. La plage est donc constituée de ce sable et de grosses roches mi-volcaniques, mi-sédimentaires et un peu plus loin, à quelques mètres au large, la barrière de corail. L’eau est d’une clarté et d’un turquoise incroyables (et tellement moins beaux en photo qu’en vrai !) et c’est donc la plage parfaite pour plonger avec son masque et son tuba (le snorkeling, activité incontournable de l’île). On y voit des poissons colorés – ceux que l’on avait vus à l’aquarium d’Okinawa en fait, et finalement on a cette impression étrange de nager dans un aquarium – et de magnifiques coraux, dont le fameux corail bleu. A marée basse, lors de grandes marées (autour de la pleine lune), le haut de la barrière de corail est émergée et on peut marcher dessus (en faisant attention de ne mettre les pieds que sur la roche ou les anciens coraux formant la base du récif), jusqu’au grand large, là où la barrière forme un mur vertical très profond. Sensations garanties. Un peu plus de monde sur cette plage, de temps en temps… Bon on reste bien loin de la côte Méditerranéenne.
Sur la troisième place du podium : Ida no hama, la plage du bout du bout du bout du monde. Pour y accéder il faut se rendre à Shirama qui est l’extrémité ouest de la route d’Iriomote, de là on prend un petit bateau jusqu’à Funauki, un minuscule village d’une poignée de maisonnettes, sacrément isolé, ensuite on traverse la jungle du bout du cap et on arrive sur la plage. Une grande bande de sable blanc, et de part et d’autre des rochers, tombés là de la falaise qui les surplombe. Et encore une superbe vue sur les îlots de la baie.
Il y a tout un tas d’autres plages tout autour de l’île, dont le sable est tout aussi beau et l’eau tout aussi bleue mais là je vous parle du best of the best.
En dehors des plages, le gros business maritime de l’île c’est la plongée, que ce soit au tuba (snorkeling) ou avec bouteilles (diving). Il y a tout un tas de petits groupes qui proposent des sorties en bateau avec location de matériel de plongée et qui vous amènent au large, à différents spots de la barrière de corail. Nous avons passé une demi-journée avec l’équipe de Cross River/Cross Ocean à nous extasier à travers nos tubas. Oui, le corail poussant à de faibles profondeurs (et les coûts du diving étant très élevés), le snorkeling suffit amplement à voir des merveilles.
Le bateau nous a d’abord emmené autour de l‘îlot de Baras, un monticule blanc formé par des débris de coraux – cette formation est tout à fait naturelle et surprenante – puis (environ 1h après) à un autre endroit plus loin, perdu au milieu du bleu… Nous avons enfilé palmes, masques et combinaison (péniblement pour moi : je ne fais pas exactement la taille standard des japonaises) puis plouf ! Et là c’est le début de la magie : un immense et infini aquarium tropical, des poissons multicolores où que l’on tourne la tête (poissons peu farouches d’ailleurs, certains s’approchent même carrément trop près… pour se faire une idée de notre goût ? Un genre de cuisine exotique pour poissons ?) : au milieux des coraux on voit des poissons clowns cachés dans leurs anémones, des idoles mauresques, ou encore des chirurgiens bleu (Gill et Dory du « Monde de Némo » ! révisez vos classiques !), mais aussi des jaunes, des roses, des arc-en-ciel dont je ne connais pas le nom… Et puis des animaux un peu plus effrayants mais tout aussi fascinants : énormes étoiles de mer venimeuses, murènes, serpent (oui, oui, SERPENT ! Le rayé noir et blanc là, celui qui tue en quelques secondes… mais il est pas agressif parait-il et ses crochets ne peuvent pas transpercer la combi… encore faut-il être en combi)… Bref, je m’arrête là parce que c’est finalement assez indescriptible.
L’île d’Iriomote est entourée de petits îlots de diverses tailles et formes, certains élevés comme des rochers et d’autres tout plats. C’est le cas de Yubu jima. Cette île extra-plate a été totalement aménagée pour être un petit concentré touristique : arbres fruitiers (dont des papayes que je voyais pour la première fois), hibiscus, bougainvilliers de toutes les couleurs, d’autres fleurs dont je ne connais pas le nom, arbres de la jungle, serre à papillons énormes (permettons nous un petit aparté à ce stade : les papillons tropicaux aiment la transpiration du touriste français, et ça fait légèrement peur, j’ajouterai qu’une serre à papillon est AUSSI une serre à moustique), jus d’ananas frais, plage évidemment et surtout buffles d’eau. Le buffle d’eau (ou buffle d’Asie) a d’énormes cornes dont il a l’air assez fier (et il peut), et passe son temps libre dans des mares, plongé jusqu’au cou. A Yubu jima il sert aussi de moteur aux roulottes qui nous en amènent sur l’île. Et pendant qu’on traverse la baie cahincaha au rythme du gros bovin qui patauge dans la mer, le conducteur nous raconte des blagues ou nous chante une chanson traditionnelle au son du Sanshin (ou s’extasie du fait qu’on soit français, comme à chaque fois qu’on dit d’où on vient – décidément il fait plutôt bon être français au Japon – et du fait qu’on sache dire trois mots de Japonais).
Il y aurait encore beaucoup à dire sur la mer à Iriomote, et encore plus à voir, comme ces magnifiques couchers de soleil (quand les nuages le veulent bien), ou ces vues à couper le souffle au sommet d’un chemin. Mais j’avoue avoir usé mon répertoire de superlatifs.
Vous avez compris que nous avons passé beaucoup de temps au bord de la mer et que nous avons adoré ça. D’autant que nous avons eu la chance d’avoir du soleil en permanence, alors que la météo prévoyait une semaine de pluie.
Dans le prochain épisode on tourne le dos à la mer et on s’enfonce dans la jungle. Et on parlera un peu musique avec un concert en plein air où nous ne sommes pas passés inaperçus…
(cliquez sur les photos ! c’est un ordre !)




















































































































































