Parlez-tu Franponais ?

le temps joli ♥ - Kobe - Décembre 2011

Salut, salut ! Il y a quelqu’un ? Oui, oui, c’est bien moi, en chair et en pixels. J’ai toujours autant de choses à raconter et de photos stockées dans mon disque dur mais pas assez de temps pour tout mettre là, devant vos yeux. Et puis il faut dire que j’ai un peu de mal aussi à savoir comment reprendre le fil de mes histoires nippones après l’article précédent. Après avoir tourné ça dans tout les sens et repoussé le moment de reprendre le clavier, je vais faire simple, je vais sortir la carte de l’humour, THE carte d’ailleurs. Vous allez voir.

J’ai déjà vaguement parlé de l’amour que les Japonais portent à la France. L’image qu’ils s’en font est d’un glamour ravageur, à mille lieux de la réalité évidemment : imaginez un Paris (oui la France ici se résume souvent à Paris hein) époque années folles, voire début du XXème siècle (on peut tout mélanger on est dans le fantasme pur), peuplé de créatures sorties tout droit des griffes de Coco Chanel, ajoutez-y des hommes prêts à vous offrir un bouquet de roses à tout les coins de rue, et puis même un mime Marceau qui vous suit en permanence, ne faisons pas dans la légèreté. Vous avez le cliché ? Pour le bruit et l’odeur : violons et N°5 of course. Ouais. J’ai pas besoin de préciser le choc une fois en plein RER B hein.

Et donc tout à leur image d’Epinal (non, de Paris) ils ont eu vite fait de faire rimer français et raffiné (et cher, mais là n’est pas le propos). Et donc, quand chez nous pour faire classe et branché, tu colles un peu d’anglais, au Japon c’est le français qui fait rêver.

D’où le Franponais.
Le Franponais c’est ces petites phrases (enfin successions de mots) collées un peu partout (sur des pubs, sur des fringues, sur des cahiers et stylos) qui sont censées être écrites dans la langue de Molière et qui font couiner le Japonais (la Japonaise surtout). Sauf que si tu maîtrises un tout petit peu le Français, même si ton niveau d’orthographe et de grammaire équivaut à celui d’un enfant de CE1, tu as d’abord les yeux qui piquent, puis une irrépressible envie de te marrer comme une baleine (mais française, donc classe).

Illustration. (et sélection, sinon on pourrait y passer dix articles)

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Sayonara Nihon

Paris - Août 2012

Et voilà. Vous le savez sûrement ou l’avez finalement deviné, nous sommes rentrés. Cela fait un bon mois maintenant que nous avons quitté le pays du soleil levant pour retrouver celui des Lumières. Nous avons retrouvé nos familles et amis, retrouvé notre village camarguais, cherché et trouvé un appartement et déménagé, encore. Nous avons râlé contre la saleté des rues, poussé des cris de joie en retrouvant les fromages au lait cru, joué à cache-cache dans notre appartement dix fois plus grand que notre studio de Shinjuku, raconté, raconté, jusqu’à en saouler, nos diverses escapades nippones, rencontré des bébés nés pendant notre absence, visité Paris comme des touristes, ri, bu, râlé encore, dansé. Et nous avons tenté tant bien que mal, de ne pas répondre à cette question posée un million de fois :

« Alors ? Ça fait quoi le retour ? »

Ce « Alors ? » il me glace le sang à chaque fois que je l’entends. Et pourtant je l’attends, il est incontournable, il est évident. Mais il est aussi impossible d’y répondre.
Qu’est-ce que ça fait d’avoir retrouvé nos familles et nos amis ? Ça fait un bien fou. Ils nous ont manqué encore plus que ce à quoi nous nous attendions. Les retrouvailles ont débordé de joie et je n’ai vraiment plus envie de les laisser loin aussi longtemps.
Qu’est-ce que ça fait de revenir en France ? C’est mitigé. Je suis contente d’avoir retrouvé tout un tas de choses (essentiellement alimentaires, soyons honnête) mais les défauts de mon pays que j’ai laissé avec joie en allant au Japon, sont toujours là et ça ne changera pas de sitôt. Avoir été coupés des informations nationales aussi nous a fait du bien et les retrouver au retour, même si on ne les cherche pas vraiment, me donne l’impression de vivre à des années lumières des préoccupations des médias.
Qu’est-ce que ça fait de quitter le Japon ? C’est triste. Je quitte le pays que j’aime, c’est forcément triste. Même si on y retournera un jour, c’est pas pour demain, et ce ne sera plus pareil. Bien sûr, la règle du jeu était posée dès le départ. C’était un an et retour. Et c’est bien comme ça. Je n’ai pas envie d’aller vivre au Japon. Parce que malgré tout l’amour que je porte à ce pays, il me coupe de mes racines. Et je suis incapable de vivre sans racines. J’ai besoin de ma famille pas loin, de ces amitiés que j’ai mis des années à construire, de ce nid d’amour et de chaleur sans lequel je ne sais plus très bien vers où aller. Mais voilà, je quitte un autre amour pour tout ça. Je quitte le Japon comme on met un terme à une relation amoureuse agréable mais sans avenir. C’est douloureux mais inévitable si l’on veut continuer à vivre.

Mais je n’ai pas répondu à la question n’est-ce pas ? LE RETOUR.
Le retour c’est un peu de tout ça, oui, bien sûr, mais c’est aussi (et surtout) faire le bilan de ce voyage et de nous-même, retrouver tout ce qu’on avait laissé en partant et sur lequel on ne met pas vraiment de mot mais qui est là, qui attend qu’on se retrouve face à face, faire des projets d’avenir, de vie. Ce « alors ? » c’est aussi « quelle est la réponse ? L’avez-vous trouvé, ce que vous cherchiez ? Et si non, est-ce que vous allez repartir un jour ? Et si non, est-ce que vous allez y arriver à reprendre votre vie, à gérer ce retour ? ». Ce « alors ? » c’est une putain de question en fait. C’est comme si je vous demandais à tous de faire une pause, là tout de suite, et de me répondre : « alors ? ça fait quoi la vie ? » Et, vous allez être d’accord, je crois que la réponse, je l’aurai pas avant la fin.

Quant à ce blog, j’ai encore tout un tas de choses à raconter sur notre voyage au Japon, et comme nos familles et amis commencent à en avoir marre, je vais continuer à le faire ici, si vous voulez bien. Donc ne partez pas trop loin, je suis toujours là.

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Mon Fuji

Le vent. Tellement fort que l’on a du mal à tenir debout. Et l’attente fébrile.
Dans quelques secondes le spectacle commence, le ciel est déjà clair et l’horizon rougit. tout autour de nous la roche prend des teintes de rouille. Ça et là, des marcheurs fatigués s’abritent tant bien que mal contre des rochers. Assis l’un contre l’autre, sourire aux lèvres, nous retenons notre souffle…

Nous sommes arrivés vers 18 heures au pied du Mont Fuji ce lundi 16 juillet. Nous sommes à 2400 mètres et le paysage est déjà magnifique : en contre-bas une mer de nuage, au dessus de nos têtes le sommet, bien visible, et entre les deux le coucher de soleil, teintant le ciel d’une multitude de couleurs. Nous prenons notre temps pour nous habituer à l’altitude. Tokyo est au niveau de la mer et le mal des montagnes gagne souvent les imprudents qui s’élancent directement vers le sommet.


Sommet du Mont Fuji vu depuis Fujinomiya Gogome – Juillet 2012

21 heures. Nous allumons nos lampes frontales et commençons l’ascension. Le chemin est bien raide, moins toutefois que lors de nos précédentes randonnées. Et puis nous le connaissons déjà…
Trois jours avant nous avons tenté une première fois de rallier le sommet du Mont Fuji. Le temps était menaçant, mais malgré l’alerte d’orage nous avons persisté. La date était symbolique pour nous, trop pour nous apercevoir de notre erreur sans doute. Heureusement, au départ, un membre de l’équipe de sécurité nous fait réserver une nuit dans un refuge à mi-chemin, refusant de nous laisser passer la nuit sur le sentier. Une fois dans le refuge, l’orage s’est bel et bien abattu sur nous. Et il s’est révélé être une véritable tempête. Si bien que le chemin a été fermé, impossible d’aller plus haut, nous avons dû rebrousser chemin, nous promettant de retenter dans de meilleures conditions.
Et celles de ce lundi sont idéales. Si le vent souffle toujours très fort, le froid ne se fait pas encore sentir et surtout le ciel est dégagé. Quelle vue ! A nos pieds les lumières des grosses villes scintillent, éclairant les quelques nuages qui les survolent, et dans le ciel de nombreuses étoiles leur font écho. Derrière nous d’autres marcheurs dont les lampes font comme une file de lucioles sur la pente du Mont Fuji. Peu de temps pour rêvasser toutefois, chaque rafale nous rappelle que nous sommes en haute montagne et qu’il nous faut être attentifs.


Vue depuis le Fujinomiya Trail – Juillet 2012

Nous arrivons à mi-chemin, à la 7ème station, plus rapidement encore que la première fois. Ce n’est pas facile mais pour l’instant nous ne sommes pas trop fatigués. Et du coup, nous sommes un peu trop en avance. Il est donc temps de faire une pause un peu plus longue que prévue, histoire de ne pas arriver trop tôt au sommet et d’attendre des heures dans le vent et le froid. A minuit, nous repartons. La deuxième partie de l’ascension est un peu plus raide, un peu plus rocheuse, et parfois elle ressemble bien plus à de l’escalade qu’à de la marche mais nous gardons un bon rythme. Et refaisons des pauses régulières puisque nous ne pensions pas être si rapides !

Il est 3 heures 30. Nous avons passé la dernière station avant le sommet. Le chemin est de plus en plus raide, nous sommes de plus en plus nombreux dessus, sans que cela nous gène pour autant. Les derniers mètres sont les plus difficiles, le vent est toujours très fort, le froid a fait sa grande entrée (la neige est encore présente en plaques autour de nous), l’oxygène se fait rare… Je fatigue vraiment mais pas question de ralentir : on commence à y voir clair et au loin, du rouge apparait.


File de marcheurs sur le Fujinomiya Trail – Juillet 2012

Un grand Torii de bois annonce le sommet. Enfin ! Nous y sommes ! David me prend la main et nous entrons ensemble dans l’enceinte sacrée du sommet. Nous sommes revigorés par l’arrivée. Si bien que je me mets presque à courir pour atteindre une zone plus en hauteur qui nous permettra d’avoir la meilleure vue sur la plaine à l’est. Nous nous asseyons, euphoriques, au milieu des roches noires et rouges. Nos yeux se rivent sur l’horizon et l’attente commence.

Le voilà ! Alors que le ciel devient de plus en plus clair, que l’horizon se pare de rouge, de rose et de jaune, le disque rouge se devine soudain entre deux nuages. Brève apparition qui nous remplie de joie ! Rien n’est plus simple, ni plus certain que le lever de soleil, et pourtant sa vision nous parait extraordinaire. L’astre passe enfin par dessus les nuages et ses rayons éclatants nous éblouissent. Je ne saurai décrire notre émotion à ce moment là, un mélange de joie toute simple d’être là, ensemble, vivants, et d’incrédulité devant le chemin parcouru : cette ascension, ce voyage, ces dix années ensemble…


Lever de soleil depuis le sommet du Mont Fuji – 17 Juillet 2012

La lumière inonde maintenant la vallée et nous contemplons la vue qui s’offre à nous. Tokyo au loin, encore endormie. La péninsule d’Izu et sa chaîne de montagnes où nous étions la semaine précédente. Le lac Yamanaka et les montagnes qui entourent la capitale.

Nous finissons par nous lever pour rejoindre le petit restaurant et le temple, histoire de se mettre à l’abri et d’avaler une soupe bien chaude. Au passage je jette un œil au cratère profond de 200 mètre et en partie recouvert de neige : impressionnant.


Cratère du Mont Fuji – Juillet 2012

6 heures du matin. Je réalise que je suis tout de même fatiguée et nous nous remettons en route. Nous changeons de chemin pour la descente pour en prendre un plus long. Il est moins pentu, mes genoux me remercient, et surtout moins fréquenté (quasiment personne en fait). La première heure de descente sous un soleil de plomb a raison de mes dernières forces. Je me demande comment je vais tenir jusqu’au bout. Nous faisons une pause à la station et je m’endors sur un banc… Il faut tout de même arriver 2000 mètres plus bas, la sieste est donc de courte durée.
Et soudain devant nous, ce qui fait l’intérêt de cette autre route : une longue voie toute droite, bien pentue et recouverte de gravier. Je commence à descendre tranquillement pendant que David accélère le pas et se met à courir. Impossible de résister : je le suis ! Oui, oui, on en arrive au passage où personne ne va me croire et pourtant : j’ai descendu le Mont Fuji en courant ! Après des heures et des heures sans dormir ! Même moi j’ai du mal à le croire, heureusement que David m’a filmée…


Course sur le Gotemba Trail – Juillet 2012

On arrive en bas assez vite du coup, étonnamment en forme et heureux comme des gamins ! Bon en revanche, notre état esthétique laisse à désirer : nous sommes recouverts de poussière noire de la tête au pieds. Effet garanti dans le métro du retour. Mais cela en valait franchement le coup, je ne pensais pas autant m’amuser !
Nous lançons un dernier regard à Fujisan, un regard complice, maintenant nous nous connaissons bien, et nous montons dans le bus qui nous ramène plus bas, dans la vallée.

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La vie en vert


Recyclage – Shinjuku Gyoen – Juin 2012

Ce mois-ci j’ai eu envie de détourner un tout petit peu le thème de notre photo du mois. Non pas que l’on soit en manque de vert, Tokyo est une ville plutôt verte avec ses grands parcs, et nos récentes escapades en dehors de la capitale nous ont permis de photographier pas mal de verdure.
Mais c’est d’autre chose que j’ai envie de vous parler ce mois-ci : le recyclage au Japon. Sur la photo vous voyez un tri selon trois sortes de déchets : les bouteilles en plastique, les cannettes et les déchets qui brûlent. Chaque poubelle est surmontée d’une sculpture faite avec des morceaux des déchets en question. C’est mignon, ça fait joli dans le jardin et ça incite au tri.
Il s’agit là (avec les déchets qui ne brûlent pas), du tri de base au Japon. Mais on peut (et ils le font souvent) compliquer encore les choses : chez nous on sépare bouteilles en plastiques (sans bouchons), canettes, bouteilles en verre, papier et cartons, autres déchets qui brûlent et déchets qui ne brûlent pas. Soit 6 compartiments à poubelle différents. Et comme dans la plupart des quartiers on ne sort les poubelles que le jour-même du ramassage (il faut donc apprendre le jours de collecte pour sortir les bons déchets le bon jour), jeter devient une activité qui demande de l’organisation !

Envie de verdure ? Allez voir par là : 100driiine, A&G, Agnès, Agrippine, Akaieric, Alban, Alexanne, Alexinparis, Alice Wonderland, André(eric)Fernandes, Anita, Anne, Anne Laure T, Anne-Cécile, Annick, Aparça, Arwen, Aude, Ava, Babou, Batilou, Bestofava, Blogoth67, Cara, Carnets d’images, Caro, Carole In England, Cathy, Cekoline, Céliano, Céline in Paris, Cessna, oui !, Champagne, Cherrybee, Chris et Nanou, Clara, Coco, Cocosophie, Cricriyom from Paris, Cynthia, Dan, David et Mélanie, DNA, Dorydee, Dr CaSo, Dreamteam, E, Elapstic, Emi London, Emma, Escapade en Tunisie, Fanfan Raccoon, Filamots, Flo, florianL, François le Niçois, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Gizeh, Guillaume, Hibiscus, Isabelle, J’adore j’adhère, Jean Wilmotte, jen et dam, Karrijini, Kob, Krn, Kyn, Kyoko, La Fille de l’Air, La Flaneuse, La Nantaise, La Papote, La Parigina, LaGodiche, Laure, Laurent Nicolas, Lauriane, Lavandine, L’Azimutée, Le Mag à lire, Le-Chroniqueur, Les petits supplices !, Les voyages de Lucy, Les voyages de Seth et Lise, Les zinzins, Lesegarten, Leviacarmina, Lhise, Lost in London, Louiki, Louisianne, Lyonelk, M, M.C.O, magda627, Maïder, Mamysoren, Manola, Marie, Marion, M’dame Jo, Melting Pot, Mgie les bons tuyaux, Misscarone, Mistinguett, Muni57, Narayan, Nataru, Nathalie, Nelcie, Nicky, Nomade57, Nora, Olivier, Ori, Oryann, Otaku, Où trouver à Montréal ?, Petite Marie, Pilisi, Quelbazar, Renepaulhenry, Sébastien, Sephiraph, Sinuaisons, Skipi, Stephane08, Stéphie&lesCacahuètes, Super Lisa, Tam, Tambour Major, Terhi Schram, Testinaute, The Mouse, Titem, Typh’, Un jour une rencontre, Une niçoise, Vanilla, Véro Beramelo, Violette, Viviane, Xavier Mohr, Xoliv’, Zaromcha.

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Mer, onsen et randonnée : Péninsule d’Izu

Côte de Jogasaki - Péninsule d'Izu - Juillet 2012

Nous avons passé trois jours dans la péninsule d’Izu, au sud de Tokyo.  Ce bout de terre est une destination prisée des Tokyoïtes car elle offre de magnifiques paysages de mer et de montagne à une petite distance de Tokyo. La péninsule s’est formée à la rencontre de trois plaques tectoniques et est en majorité formée d’anciens volcans (d’où la forte activité thermale dont les Japonais – et pas seulement eux – raffolent).

Notre séjour fut improvisé, sans aucune logique, chaotique, complètement galère (à ce stade vous avez compris QUI était en charge de l’organisation de séjour) mais finalement assez fun.

Jour 1 : Côte Jogasaki, Mont Omuro.
Nous sommes partis de Tokyo, Shinjuku, dimanche vers 9h pour arriver à Atami (au nord de la péninsule) vers 10h. De là nous avons pris le train pour Jogasaki Kaigan, sur la côte est. Nous avons marché quelques kilomètre le long de la côte qui offre des points de vue assez spectaculaire avec ses roches très noires et ses eaux très bleues. Le clou de la balade est le pont suspendu Kadowakizaki (23 mètre de long et 48 mètre au dessus de l’océan).
Nous prenons ensuite le bus pour rejoindre le Mont Omuro. Cet ancien volcan miniature s’élève à 580 mètres au dessus de la mer. On rejoint le sommet par un télésiège (on sourit pour la photo) et on fait ensuite le tour du cratère en une vingtaine de minutes. Au centre du cratère un terrain de tir-à-l’arc est aménagé, on peut louer le matériel sur place et aller tirer quelques flèches. La vue, de tous les côtés, est assez sympathique.
Le soir arrivant nous nous mettons en quête d’un hôtel – ayant remarqué que nombreux sont fermés (nous sommes en plein été mais un dimanche soir, autant dire que nous sommes presque seuls dans la péninsule… j’exagère à peine). Grâce à mon trèfle à quatre feuilles, nous trouvons une pension parfaite, tenue par un couple adorable et qui dispose d’un onsen privé : Le « Petit Hotel Blossom« . Après avoir fait quelques courses pour le repas du lendemain (conduits en voiture par notre gentille hôte), pris un bon bain brûlant et englouti quelques boulettes de riz, il est temps de dormir car le lendemain…

Jour 2 : Amagi trail.
Le lendemain donc nous nous levons à 7h. Le petit déjeuner de notre petit hôtel est copieux, tant mieux, nous avons besoin de force ! Notre hôte nous conduit (encore ! Alors que nous demandions juste un bus !) au point de départ de la randonnée du jour : le golf Amagi. Oui car en fait ce point de départ peut se rallier en bus… encore faut-il partir de la ville d’Ito et non du pied du Mont Omuro. Après une tonne de remerciements confus, nous nous engageons dans le sous-bois. La première partie de la rando consiste en rejoindre le sommet du Mont Banzaburo, le point culminant de la péninsule (1405 mètres). Ça monte donc. Moins violemment que lors de nos précédentes excursions mais sous une chaleur étouffante (heureusement la forêt nous protège du soleil). On passe donc d’abord par le Banjirodake, petit frère du Banzaburodake que nous atteignons en environ 2h. S’en suit la traversée de la chaîne d’Amagi jusqu’au lac Hacho. Là, la balade est très différente de ce que l’on a pu faire jusqu’à présent : on alterne montées et descentes dans une forêt de hêtres – espèce que nous n’avions encore jamais croisée – très lumineuse, au son des cigales les plus bruyantes que j’ai jamais entendues. Non mais sérieusement, je vous reparlerai certainement des cigales japonaises, ces monstres, mais là on ne s’entendait même plus marcher ! Une fois arrivés au lac (cela fait 5h déjà que nous marchons), nous devons rejoindre le tunnel Amagi pour prendre notre prochain bus vers le sud de la péninsule. Nous ne savons pas exactement les horaires mais ce que nous savons c’est que 1)comme toujours dans la cambrousse japonaise, les bus sont rares et s’arrêtent tôt et 2)hors saison ce bus là passe à 15h45 et basta. Il y a donc eu un moment dans cette dernière partie, relativement en descente, où l’on s’est dit qu’il était temps d’accélérer. Figurez-vous que j’ai même couru les derniers mètres. Je l’écris noir sur blanc pour qu’un jour, quand ce sera devenu un lointain souvenir, je me remémore que oui, oui, j’ai bien couru après environ 7h de marche, ce n’était pas un rêve.
Nous avons donc eu le bus, celui de 15h53 qui va vers le sud (il y en avait un autre à 16h58, ce n’était pas la peine de paniquer… cela dit si on avait voulu prendre le bus qui remontait vers le nord là le dernier était bien à 15h45). Alors oui la rando était très belle, oui on a vu tout plein de beaux arbres, de jolies plantes, d’écureuils et même des daims, mais quand même J’AI COURU.
Le bus nous amène jusqu’à la station de Kawazu où nous prenons le train jusqu’au bout du bout de la péninsule, à Izukyushimoda où la recherche d’hôtel reprend. Là encore tout est fermé et ce qui reste ouvert est hors de prix. Peu importe : nous en sommes à pratiquement marcher sur les mains, on prend donc le premier hôtel ouvert venu, cher mais grand luxe, avec onsen à nouveau. Étonnamment nous avons bien dormi.

Jour 3 : Shirahama.
Le lendemain on prend un peu le temps d’explorer les alentours. La ville n’a pas grand intérêt mais la vue depuis le port sur les îlots de la baie est superbe. Le port propose une balade dans la baie à bord d’un bateau noir, souvenir du commodore Perry et du traité de Kanagawa autorisant le commerce avec les Occidentaux notamment dans le port de Shimoda.
Puis nouveau saut en bus jusqu’à la plage de Shirahama (littéralement « plage blanche » ça fait rêver) pour un peu de farniente bien méritée. La plage est une des plus belles de la région et ce jour là pas mal de surfeurs jouaient avec les vagues. Au bout de la plage se trouve le sanctuaire de Shirahama, avec un torii posé sur les rochers au bord de l’eau, une vue typiquement japonaise comme on les aime.
Nous reprenons le bus dans l’autre sens après une bonne détente pour rejoindre Atami, notre point de départ, où nous déjeunerons. Atami n’a pas grand intérêt en elle-même, mais il s’agit d’une ville thermale extrêmement réputée. 50 minutes de Shinkansen plus tard, nous voilà rentrés à Tokyo, grillés à point !

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Trouver la recette de la magie au musée Ghibli

En route vers le musée Ghibli - Juin 2012

Le musée Ghibli est un lieu un peu à part. Cette grande bâtisse consacrée aux films des studio Ghibli n’est pas un musée traditionnel, mais plutôt un petit morceau de l’univers onirique de Monsieur Miyazaki.

Princesse Mononoké, Mon voisin Totoro, Ponyo sur la falaise ou encore Kiki la petite sorcière, autant de films d’animation qui ont dans l’inconscient collectif des Japonais la même place que les films Disney, ici comme ailleurs. Si vous les avez vu, alors vous comprenez que je parle de magie et de rêve. Sinon corrigez cette erreur au plus vite.

Le Musée Ghibli donc, a été construit en 2001 avec comme objectif de partager un peu de l’univers du réalisateur phare des studio. Le bâtiment en lui même est presque entièrement recouvert de verdure. A l’entrée on est accueillis par un Totoro géant qui tient le guichet. A l’intérieur plusieurs types de salle : celles qui présentent le travail de Miyazaki et son équipe, des aquarelles, des dessins, des schémas, des storyboard… le tout punaisé au mur ou étalés sur des tables à dessin, de manière à nous donner l’impression d’être entré dans la salle de travail elle-même ! Une autre salle nous présente des machines étranges, comme les aime Miyazaki, qui en s’animant font défiler les personnages de ses films, sur bobines ou en figurines. Une autre encore est consacrée à des expositions temporaires, dans mon cas il s’agissait des contes occidentaux avec de vieilles illustrations issues de manuscrits du Moyen-Age, assez amusant de voir le contraste des cultures…
On voyage de salle en salle par des escaliers en colimaçon, de petits couloirs et des portes en bois, la bâtiment en lui-même fait partie de l’univers. Puis on traverse une pièce dans laquelle trône fièrement un chat-bus envahi d’enfant et on atteint le toit où un robot géant du Château dans le Ciel, nous attend. Enfin on termine la visite par la salle de cinéma pour regarder un court-métrage inédit. J’ai eu la chance de voir Mei to Konekobasu (Mei et le Chatonbus), une petite suite du film Mon voisin Totoro, le Miyazaki préféré des Japonais et peut-être aussi le mien. Ce court-métrage vaut à lui seul la visite (je ne suis absolument pas objective mais peu importe) !
Le musée comporte également une boutique et un café, le Café du Chapeau de paille. Je vous conseille une pause dans ce mignon café qui propose des douceurs incroyables (le parfait du Chapeau de paille, spécialité de l’été, est une merveille !).

Une visite au musée Ghibli c’est l’assurance de retomber en enfance pour quelques heures et de finir la journée émerveillé…

Pour le côté pratique du comment on y va et combien ça coûte, je vous envoie sur ce lien qui explique tout. Gardez en mémoire qu’il faut impérativement acheter les billets à l’avance, aucun n’est vendu sur place. Et si comme moi vous optez pour l’achat au Japon et donc au combini Lawson, pas de panique : demandez gentiment à un employé de vous aider avec la machine à billets (oui parce qu’il faut entrer son nom, choisir le jour et l’heure… et attention Ghibli se prononce « Djibouli » !).

Enfin, en allant au musée ou en revenant selon votre horaire de visite, plutôt que de refaire le trajet Station de Mitaka-Musée, traversez donc le parc d’Inokashira vers/depuis la station Kichijoji. Le parc est très agréable, avec un petit temple, un grand lac, beaucoup de grands arbres (et un zoo)… très reposant !

Je vous laisse avec quelques photos de l’extérieur du musée et du parc (les photos ne sont pas autorisées à l’intérieur… il faudra aller voir ça par vous-mêmes !)

Publié dans Kawaiiiiiii, Tokyo | Un commentaire

Mont Tonodake : I DID IT.

Sommet du Mont Tonodake - Juin 2012

Laissez-moi vous présenter mon nouvel ami :
Il se nomme Tō-no-dake 塔ノ岳 (ou Mont Tō), c’est un sommet de la chaîne des montagnes Tanzawa, dans la préfecture de Kanagawa. Il mesure 1491 mètres de haut et est en grande forme : grand et escarpé, un jeune en pleine santé.

Pour aller le voir on prend la Odakyu line depuis Shinjuku et jusqu’à Hadano, puis un bus jusqu’au terminus de Yabitsu Pass. Tout ça nous prend deux bonnes heures… Autant vous dire, si vous avez suivi un peu les précédents articles, que nous étions dans le train à 5h30. Ça ne m’étonne même plus.
De là on prend le chemin (qu’on ne peut pas louper : on n’est pas seul à faire l’ascension) et on monte, on monte, on monte.

Si on lui rend visite comme nous en pleine saison des pluies, on n’aura aucune chance d’apercevoir le Mont Fuji une fois au sommet, en revanche on profitera de l’ambiance mystique de la brume qui recouvre toute la forêt et la montagne. C’est vraiment très beau, je m’attendais à voir le Dieu Cerf de Princesse Mononoke sortir d’entre les arbres…
- Aparté : Finalement, où que l’on soit au Japon, dans la jungle d’Okinawa ou dans la forêt de cèdres d’Hakone, on a toujours ce sentiment d’être dans un animé de Miyazaki, on cherche les Kodama (Sylvains), on chante le générique de Totoro (ce qui motive énormément pour la marche d’ailleurs), on est à deux doigts de prendre une grande feuille pour s’en faire un parapluie. -

Bref. Tout ça c’est bien mignon mais la réalité est bien plus terre à terre : on monte. Oui je l’ai déjà dit. Mais c’est-à-dire qu’on a monté sans discontinuer pendant 4 heures, alors c’est un peu répétitif forcément. La montée alterne chemins en cailloux (mais tout droits hein, pas de virages, et puis quoi encore), escaliers en bambous (raides comme la mort et aux marches irrégulières), escaliers en bois (j’appelle ça des échelles moi).
A chaque nouvel escalier on croit être arrivés en haut mais non. De nouvelles marches apparaissent pour nous faire grimper encore un peu plus. C’est que 1200 mètres de dénivelés ça ne se fait pas en 5 minutes hein. Donc on monte. Autour de nous le paysage change. D’abord une forêt de pins et cèdres, puis des feuillus, avec des cerisiers et des érables, puis de moins en moins d’arbres et de plus en plus de buissons. Après 4 heures donc, d’innombrables marches et escaliers (dont au moins 5 escaliers de l’enfer : ceux qui, quand tu les regardes d’en bas, te semblent aller directement dans les nuages. Et ce jour-là, c’était littéralement ça), nous voilà au sommet.

J’ai de la peine à le croire… Moi ? A 1491 mètres d’altitude ? Je viens de grimper tout ça ? Et sans même râler, pleurer, implorer David de m’achever, téléphoner à ma mère… Ou juste un peu. S’en suit un dialogue improbable avec le Mont Tō-no-dake, en anglais, je sais pas bien pourquoi, à la limite si il comprend un truc, ça doit plutôt être le Japonais, m’enfin l’altitude tout ça…
Extrait : I DID IT ! F**KING S*IT ! I GOT YOU TONODAKE !
Et sur ce je cherche un endroit où m’écrouler…

Nous sommes complètement noyés dans la brume, on n’y voit pas à 5 mètres… Mais assez cependant pour distinguer quelque chose de roux qui bouge, là, dans les fourrés… Le Dieu Cerf ! Bon non, pas cette fois, mais ce sont deux jolis daims qui grignotent tranquillement les buissons, sans se soucier des promeneurs (nombreux) et de leurs cris de joie (kawaiiiiiii). En deux secondes j’oublie la fatigue, je m’approche assez près pour bien les voir (la brume, je rappelle) et les mitrailler de photos. Je n’avais jamais approché d’animaux sauvages d’aussi près (à part les écureuils du Québec mais le sauvage est relatif chez eux), je suis ravie !
Les daims partent vers d’autres buissons plus verts et mes cuisses me rappellent à l’ordre : je m’écroule enfin. Ça tombe bien c’est l’heure de la boulette de riz.
Pendant que je m’endors me repose, David fait son malin et part vers le sommet suivant, le Mont Tanzawa, en courant. Il mettra une heure à faire l’aller-retour, la classe.

Bon puis c’est pas tout ça, mais il faut bien redescendre. Et comme c’est par le même chemin, c’est tout aussi raide. Et si la descente sollicite moins mes faibles capacités d’endurance, elle fait bien plus mal aux jambes. Pour vous dire, j’ai encore mal à l’heure où j’écris ces lignes (je viens de passer deux jours à marcher comme un robot et à grimacer à chaque fois que je m’assieds/me lève/monte sur un trottoir, je suis ridicule). La descente se fait en trois heures, on va toujours un peu plus vite au retour, même si les escaliers nous contraignent quand même à faire attention où on met les pieds.
Le retour en train lui passe très vite, allez savoir pourquoi, j’ai juste fermé les yeux quelques secondes qu’on était déjà à Shinjuku…

Et voilà, c’est fait. Je viens de faire la randonnée la plus coriace de ma vie. J’ai souffert (enfin je souffre toujours pour être exacte), mais je suis ravie et fière de moi. Comment je vais lui mettre la pâtée au Mont Fuji !

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Hakone

Hakone-Yumoto - Avril 2012

Remontons un peu dans le temps de quelques mois et retrouvons nous un beau matin d’avril, à 5 heures du matin…
OUI 5 heures du matin ! Pourquoi ? Parce que je vis avec un fou dont le crédo est « il fait toujours beau le matin et moche l’après-midi en montagne ».
Alors certes, il n’a pas tort. Toute la difficulté arrive lorsque l’on se penche sur son concept de montagne. Parce qu’à Okinawa par exemple, elle était où la montagne hein ? Et à Tokyo, HEIN ?
Mais fermons cette parenthèse de mauvaise foi parce que là, en l’occurrence, Hakone C’EST la (basse) montagne. Et qu’il avait raison, en plus.

Donc nous partons à l’aube (enfin, l’aube… vu qu’il fait grand jour à 5 heures même en plein hiver, ça aussi c’est un concept relatif) prendre le train à la gare de Shinjuku, direction Hakone. Le trajet dure deux bonnes heures, en train d’abord jusqu’à Hakone-Yumoto, puis en bus jusqu’à Moto-Hakone-ko, au bord du lac Ashi. Le plus pratique est d’acheter un Hakone FreePass (au comptoir Odakyu) à Shinjuku qui comprend l’aller-retour et une fois sur place permet d’utiliser les bus, bateaux, funiculaires de manière illimitée pendant 2 ou 3 jours.

Une fois à Moto-Hakone-ko nous allons longer à pieds le lac Ashi vers Hakone-machi (carte d’Hakone et bus). Nous commençons par aller sur le port de Moto-Hakone pour admirer la célèbre vue qui fait la réputation du lieu : le lac, le Torii du sanctuaire d’Hakone et le Mont Fuji.

Lac Ashi – Hakone-Moto – Avril 2012

Nous avons de la chance : il est 7 heures du matin, il fait un temps magnifique et le Mont Fuji est bien visible ! (ce qui n’était pas le cas lors de notre précédente visite en avril 2009)
Il y en a un qui s’obstine à dire que ce n’est pas de la chance, mais lalala je n’entends rien.
Nous sommes aussi contents que des gamins le soir de Noël (il faut dire que nous étions très très déçus en 2009) : Il est là ! Il est là ! Et il se fait mitrailler de photos, évidemment.

Nous empruntons ensuite l’allée des Cèdres le long de la route, plantés là au 17ème siècle pour apporter un peu de fraîcheur aux voyageurs qui empruntaient la route du Tokaido reliant Tokyo et Kyoto. Les arbres sont hauts et droits, ils sentent bon le cèdre (logique) et forment de grandes ombres ; il en ressort une atmosphère impressionnante.

Notre seconde étape est le Jardin Impérial de Hakone. Après un café mérité (vive les distributeurs de boissons en canettes CHAUDES) nous grimpons les allées de ce petit promontoire pour aller admirer notre deuxième vue de la journée sur le Mont Fuji. C’est beau, on ne s’en lasse pas.

Nous poursuivons jusqu’à Hakone-Machi et au point de contrôle de Hakone. Il s’agit d’une reconstitution de l’ancien poste construit sur la route du Tokaido en 1619. L’objectif était bien entendu de contrôler au plus près les déplacements entre Tokyo et Kyoto, les passages d’armes, les mouvements des femmes (car les épouses et filles des seigneurs étaient confinées à Edo (Tokyo) pendant que leurs maris retournaient contrôler leurs fiefs, pas tout à fait des otages mais presque, histoire de s’assurer que le seigneur en question revienne à la capitale et PAS avec son armée de préférence). La reconstitution est très bien faite et la visite nous en apprend un peu plus sur tout ça.

Après ça demi-tour vers Hakone-Moto ! Nous aurions voulu traverser le lac Ashi en bateau comme nous l’avions fait en 2009 mais le vent était de plus en plus fort et les bateaux ne sortaient plus. Ce n’est pas tant le bateau en lui-même (déguisé en bateau pirate, surprenant, amusant, mais pas trop à sa place dans ce paysage) que la vue sur le lac qui vaut la traversée.
Nous mangeons des Udon sur le port d’Hakone-Moto (le vent a apporté de légers nuages et nous ne voyons plus du tout le Mont Fuji qui semble tout simplement s’être évaporé !) et repartons vers le sanctuaire d’Hakone, dont on voit un Torii sur le lac.

Le Hakone Jinja est petit mais vaut le détour. On y accède par un long escalier montant à travers une dense forêt de cèdres. Le sanctuaire en lui-même est très beau, rouge et vert, aux statues recouvertes de mousse. Un des plus jolis et reposants que nous ayons visités au Japon. Nous aurons en plus la chance d’y croiser un mariage.

Hakone Jinja – Avril 2009

A défaut de bateau, c’est en bus que nous rejoignons notre prochaine destination. Nous prenons le bus jusqu’à Gora, puis le funiculaire jusqu’à Souzan et enfin nous nous envolons en téléphérique jusqu’à Ōwakudani.
Ōwakudani, « la grande vallée bouillante », se situe sous le cratère du Mont Kami, sur le flanc du volcan Hakone dont la dernière éruption il y a environ 3000 ans a façonné le paysage actuel. L’activité du volcan se manifeste aujourd’hui par des fumerolles et des sources soufrées et très chaudes. L’odeur de soufre est suffoquante et il est conseillé de se couvrir la bouche et le nez car le Sulfure d’hydrogène dégagé est très toxique. Cela n’empêche pas les touristes de fréquenter le lieu en masse et de se plier à la croyance locale : manger un œuf cuit dans les sources bouillantes de Ōwakudani rallonge l’espérance de vie de 7 ans. Les œufs en questions sont vendus à plusieurs endroits autour de la station de téléphérique ; ils sont rendus tous noirs par la cuisson dans l’eau soufrée mais gardent parait-il un goût basique d’œuf dur. Alors non, nous ne nous sommes pas pliés à la coutume, d’abord parce que l’œuf dur, j’aime pas, ensuite parce qu’avec cette odeur de soufre qui sent JUSTEMENT l’œuf pourri, ça donne pas franchement envie, et puis parce qu’avec tout le soufre qu’on aura respiré autant ne pas en plus en manger, ça va aller, merci.
L’intérêt premier de la visite c’est cette ambiance fin du monde : la roche à nue du volcan, les sources blanches remplies de soufre, les fumerolles partout… Une impression assez fantastique et le sentiment d’être vraiment vulnérables face aux puissances de la nature…

Owakudani – Hakone – Avril 2012

Il est temps de finir cette journée bien remplie et de rejoindre notre petite auberge pour la nuit. Nous longeons à la guesthouse Fuji-Hakone – comme beaucoup d’étrangers car elle a l’avantage d’avoir un formulaire de réservation en ligne et en anglais. Nous nous étions déjà arrêtés là en 2009 et c’est vraiment une formule idéale : les jeunes filles qui la tienne parlent anglais, les chambres sont très jolies, en tatamis et avec futon, le petit déjeuner est un régal (avec des fruits !) et surtout il y a deux onsen : un intérieur et un extérieur, que l’on réserve chacun son tour pour y aller uniquement en famille. Ah le bonheur de l’onsen après une journée froide ! L’eau d’Hakone est sans surprise très chaude et blanche de soufre. Après un bon bain, nous allons dîner dans les environs de la guesthouse (attention les restaurants sont peu nombreux, ferment tôt et ne sont pas toujours ouvert en semaine/en hors saison) dans un restaurant de barbecue coréen délicieux. Nous nous couchons tôt et dormons très bien sur les futons : signe de notre grande fatigue.

Le lendemain lever tôt (encore) pour aller grimper le Mont Kintoki. Malgré l’heure avancée le temps est couvert (pas assez tôt m’a-t-on dit… non mais autant de mauvaise foi, je vous jure !), du coup nous n’aurons pas la vue sur le Mont Fuji qui semble être magnifique depuis le sommet (et encore plus au couché du soleil comme le montre les jolies photos d’Adrien). La montée se fait en environ 1h30, mais ça grimpe dur ! Certes toutes les randonnées en montagne montent violemment, on ne s’embarrasse pas de lacets et autres virages au Japon, on veut aller au sommet : on y va tout droit. Mais là, la fin du chemin se fait presque en escaladant les rochers, c’est assez impressionnant (et éreintant !). Nous arrivons donc en haut fourbus et frigorifiés, mais heureusement un petit refuge nous fourni un abri et du chocolat chaud revigorant !
La vue n’est donc pas au rendez-vous, et c’est dommage parce que l’on peut sans peine imaginer comme elle doit être belle par temps dégagé…
Du coup nous redescendons assez rapidement par un autre chemin qui nous mène à petit temple et on reprend le bus depuis Sengoku (tout près de là où nous avons logé et au pied du départ de la rando), en direction de Hakone-Yumoto. Avant de reprendre le train du retour une promenade dans Hakone-Yumoto s’improvise. Le village est très joli, d’autant que nous sommes au début de la saison des cerisiers en fleurs, avec plein de petites boutiques de souvenirs et de jolies chutes (Tamadare no taki) dans un charmant petit parc derrière un hôtel (qui donne envie d’y séjourner du coup).

Château d’Odawara – Avril 2012

Sur le chemin du retour nous faisons une halte à Odawara pour y visiter le château. Une jolie découverte ! Le château est très joli, entouré des cerisiers en fleurs, et son parc offre une balade des plus agréables. Il est en plus tout près de Tokyo, il se visite pour très peu cher, mais est étonnamment assez peu souvent recommandé dans les guides. De notre point de vue, si vous restez dans le Kanto et n’avez donc pas la possibilité d’aller visiter Himeji (qui est de toute façon en rénovation pour encore 3 ans), ni Osaka, le château d’Odawara fera parfaitement l’affaire ! Et même si vous allez en voir d’autres en fait, il mérite le coup d’œil…
Le château initial date de 1495 (mais celui-ci est une reconstruction de 1960) et fut le fief du puissant clan Go-Hōjō pendant un siècle. Il résistera à deux sièges (dont un par Takeda Shingen) avant de tomber sous les coups de Toyotomi Hideyoshi puis sous la coupe du shogunat Tokugawa.

Après ces deux jours bien remplis autant vous dire que nous avons bien dormi ! Ravis d’avoir, enfin, pu admirer cette célèbre vue du Mont Fuji…

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Transparence

Iriomote, Okinawa – Mai 2012

Un petit bonus de notre voyage à Okinawa… Le choix ne manquait pas pour illustrer la parfaite transparence de ces eaux, mais là, en plus, vous voyez que j’en ai bien profité !
Ah je sais, je sais, ça vous fait envie/râler, mais là c’est la saison des pluies à Tokyo et je vous avoue que moi aussi j’ai besoin de soleil ! Il est censé revenir dans environ trois semaines, avec beaucoup d’humidité et des températures avoisinant les 35°… Je sais pas trop si j’ai hâte ou pas…

Pour en voir plus, par transparence : 100driiine, A&G, Agnès, Agrippine, Akaieric, Alban, Alexanne, Alexinparis, Alice Wonderland, André(eric)Fernandes, Anita, Anne, Anne Laure T, Anne-Cécile, Annick, Aparça, Arwen, Aude, Ava, Babou, Batilou, Bestofava, Blogoth67, Cara, Carnets d’images, Caro, Carole In England, Cathy, Cécile, Cekoline, Céliano, Céline in Paris, Cessna, oui !, Champagne, Chris et Nanou, Clara, Coco, Cocosophie, Cricriyom from Paris, Cynthia, Dan, David et Mélanie, DNA, Dorydee, Dr CaSo, Dreamteam, E, Egedan, Elapstic, Emily58, Emma, Escapade en Tunisie, Filamots, Flo, François le Niçois, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Gizeh, Guillaume, Hélène d’avril, Hibiscus, Isabelle, Isabelle et Gilles, J’adore j’adhère, Jean Wilmotte, jen et dam, Karrijini, Krn, Kyn, Kyoko, La Fille de l’Air, La Flaneuse, La Nantaise, La Papote, La Parigina, LaGodiche, Laura, Laure, Laurent Nicolas, Lauriane, Lavandine, L’Azimutée, Le Mag à lire, Le-Chroniqueur, Les petits supplices !, Les voyages de Lucy, Les voyages de Seth et Lise, Les zinzins, Lesegarten, Leviacarmina, Lhise, Lost in London, Louiki, Louisianne, Lucile et Rod, Ludovic_P, Lyonelk, M, M.C.O, magda627, Maïder, Mamysoren, Manola, Marion, M’dame Jo, Melting Pot, Mgie les bons tuyaux, Minicecile, Mistinguett, Narayan, Nataru, Nathalie, Nicky, Nikit@, Nomade57, Nora, Olivier, Ori, Où trouver à Montréal ?, Ovan, Petite Marie, Pilisi, Quelbazar, Renepaulhenry, Sébastien, Sephiraph, Sinuaisons, Skipi, Stephane08, Stéphie&lesCacahuètes, Surfanna, Tam, Tambour Major, Terhi Schram, Testinaute, The Mouse, The Parisienne, Titem, Typh’, Un jour une rencontre, Valoutyne, Vanilla, Véro Beramelo, Violette, Viviane, Xavier Mohr, Xoliv’, Zaromcha.

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Péninsule de Miura : Grimpette et saute-rocher

Péninsule de Miura, Cap Tsurugi - Juin 2012

La pointe sud de la baie de Tokyo, dans la préfecture de Kanagawa, est une bonne solution pour une escapade d’une journée au bord de la mer. Nous avons fait un saut à la péninsule de Miura, petit bout de terre couvert de forêts et de champs et qui se jette dans l’océan en falaises rocheuses et petites plages de sable.

Il y a un « chemin » de randonnée qui longe la cote autour du cap Tsurugi. De Tokyo on se rend en train à Miura-kaigan (environ 1 heure de trajet), puis on prend un bus jusqu’à la station Togari (ils sont peu nombreux mais le trajet en lui-même ne prend qu’un petit quart d’heure). De là on descend sur le bord de mer jusqu’à une plage et on ne le quitte plus. Le « chemin » (oui j’insiste sur les guillemets) passe tantôt par des plages de sable, tantôt par les rochers qui ferment les criques. Et il n’est pas de tout repos !

Première surprise : nous traversons une plage nudiste. Bon en fait de nudiste nous n’en voyons que deux, mais ça nous a suffit pour qualifier la plage de nudiste, voilà. Bien, ce détail passé nous voilà nez à nez avec la falaise – voilà la vraie surprise – voyant bien qu’il va nous falloir grimper puisque la roche est grossièrement taillée en escalier (enfin en escalier qui démarre à 1m50 de haut hein). Et ce ne sera que le début ! La balade suit donc scrupuleusement la cote : plage, rochers et grimpette, puis sauts de rochers en rochers, puis re-plage. Finalement, la surprise passée c’est bien agréable comme promenade et on s’amuse même franchement !
A mi-parcours on passe par un port de pêche qu’il faut complètement contourner pour reprendre le chemin sur les rochers. La vue sur cette seconde moitié est vraiment belle : des rochers, des îlots et un torii en bois un peu au milieu de nulle-part… Vraiment très agréable ! De quoi se poser pour grignoter ses boulettes de riz :)

Puis en continuant par la cote on arrive au village et à l’arrêt de bus de Matsuwa-kaigan. La balade prend en tout 3 bonnes heures avec la pause déjeuner. Et avec les grimpettes et autres acrobaties on ne sent pas le temps passer. En fait cette balade en bord d’océan est parfaite en ces jours qui commencent à être bien chauds. Bon son seul défaut est d’être infestée de grosses bêtes genre insectes rampants (yurk !), comme toutes les plages japonaises semble-t-il, mais elles ont plus peur que nous donc la cohabitation se fait sans trop de problème.

Une petite marche sympathique donc, histoire de se remettre en jambes avant d’autres un peu plus sportives (et oui, il parait qu’il faut maintenant sérieusement s’entrainer pour le Mont Fuji…).
Je vous laisse avec les photos (de mon côté je vais parler sérieusement à mes jambes).

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